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Essai Yamaha RD 350 LC

Deux-Tempéraments !

Fin des années 70, alors que les motos à moteur multicylindre de forte cylindrée pesant un âne mort sont en vogue depuis une petite décennie, Yamaha présente, en octobre 1979, une machine routière typée sport de seulement 350 cm3. Alors que tout le monde pensait que le moteur deux-temps fumant et odorant était moribond, la Yamaha RD350LC provoque sa résurrection…

réplique de la moto de Kenny Roberts destinée uniquement au marché américain

On la verra même dans une magnifique robe jaune, réplique de la moto de Kenny Roberts destinée uniquement au marché américain.

Découverte

Depuis toujours, la marque aux trois diapasons s’efforce à mettre en pratique sur les modèles de tourisme les techniques issues de la compétition. Le plus bel exemple est sans conteste la RD 350 LC sur laquelle les ingénieurs ont su réunir un maximum de solutions déjà éprouvées sur les machines de course. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 350 cm3, 47 chevaux (135 au litre !) pour 160 kilos...

moto de route à moteur deux- temps

De fait et contrairement aux autres marques, Yamaha défraie la chronique en sortant à la surprise générale une moto de route à moteur deux- temps.

Les deux Mikuni VM26

Les deux Mikuni VM26 demandent une mise au point parfaite pour gaver le bicylindre.

Au niveau partie cycle, sa suspension arrière de type Cantilever empruntée aux motos de cross de la marque, ses roues à branches, son double frein à disques à l’avant et ses pots en forme de « détente », ne laissent planer aucun doute sur son type : c’est une sportive, même une super sportive. Elle séduit encore aujourd’hui comme hier…

Bicylindre en ligne vertical transversal incliné à 25°vers l'avant, 2 temps, 347 cm3

En selle

Installé à bord, elle apparait d’emblée comme une machine compacte, basse et légère. Le guidon tombe bien sous la main, les leviers sont précis et le réservoir ne gêne pas les genoux. Les commandes reculées placées assez haut offrent une position idéale.

Une zone rouge de 9500 à 12000 tr/min

Une zone rouge de 9500 à 12000 tr/min signifie un moteur deux-temps qui n’en finit pas de grimper dans les tours.

Démarrage

Pour kicker, il est nécessaire de relever le repose-pied droit pour permettre le débattement maximum du kick. Le twin deux-temps démarre avec une facilité étonnante, sans le moindre effort. Au ralenti, le bruit d’échappement est étonnamment discret avec toutefois un son légèrement métallique…

Echappement en flûte

Les magnifiques échappements en flûte, devenus rares, sont maintenant souvent remplacés par des silencieux de type cartouche, moins jolis.

En ville

Hormis le fumet odorant lâché par les pots d’échappement, la Yamaha 350 RDLC se comporte plutôt bien en ville. Son caractère très joueur est également agréable dans un espace citadin. Elle se faufile partout avec agilité et aisance. Son moteur, si explosif à haut régime, est toutefois exploitable sans l’obligation de jouer du sélecteur en permanence. Surtout les modèles dotés du système YPVS (Yamaha Power Valve System), apportant une réelle souplesse dès les bas régimes…

Yamaha RD 350 LC sur circuit

Sur route

Les vibrations donnent un effet de chatouillement dans la plante des pieds envahissant tout le corps à l’accélération. Jusqu’à 6000 tr/min, ce moteur est souple, linéaire, sans réelle puissance, mais au-delà, à partir de 6500 tr/min la cavalerie est lâchée. Dans un vacarme aigu ahurissant, l’accélération est démoniaque avec une montée en régime ultra rapide jusqu’à 10000 tr/min. On se prend à enquiller les six rapports précis et courts avec une rapidité déconcertante. Diabolique ! Ce moteur à forte personnalité, associé au poids plume de la partie cycle, font de la RDLC une machine à l’efficacité redoutable.
Les grandes courbes sont avalées avec facilité et précision grâce aux suspensions relativement fermes ainsi qu’à la rigidité du châssis. Mais les petites routes départementales sinueuses, dès lors qu’elles ne sont pas trop bosselées, sont le terrain de jeu idéal de la RDLC. L’enchainement des virages, avec entre chacun d’eux des accélérations fulgurantes, se fait avec une aisance étonnante. La maniabilité, la légèreté et la puissance font de cette moto une diablesse terrifiante sur des petites routes amusantes, à laisser loin derrière tous les gros cubes lourdingues…

Légère, puissante, maniable, Yamaha RD 350 LC sur route

Légère, puissante, maniable, la RD 350 possède de sérieux atouts sur les routes sinueuses.

Sur autoroute

Les excellentes performances de la Yamaha 350 RDLC ont tendance à faire oublier qu’elle n’est pas vraiment conçue pour l’autoroute. Sa consommation s’élève et on s’ennuie sur le long rouleau grisâtre. Toutefois, sur un court trajet, la rigueur de sa partie cycle et l’optimisme de ses cylindres, entraînent les yeux du pilote vers l’aiguille du compteur s’approchant des 200 km/h…

position de conduite idéale.

La 350 RDLC au moteur rageur se montre tout à fait à l’aise sur route grâce à une position de conduite idéale.

En duo

Encore une surprise, la Yamaha ne rechigne pas à recevoir un couple sur son dos. Le tout dans un confort très honorable dû principalement à la bonne position de conduite, une selle parfaitement dessinée et un arceau de maintien pour le passager…

Le freinage

Sans comparaison avec des freins céramiques, le freinage, assuré par deux disques à étriers flottants à l’avant, reste tout à fait efficace et endurant même s’il manque un peu de mordant. Le tambour arrière remplit bien son rôle de stabilisateur dans les situations d’urgence…

Le frein arrière à tambour de 4LO

Le frein arrière à tambour de 4LO est remplacé par un disque sur la 31K à partir de 1983.

La consommation

Civilisée, la Yamaha 350 RDLC parvient à se contenter de six litres de carburant pour parcourir cent kilomètres… A allure modérée. Les moins sages consommeront un peu plus de 10 litres pour le même trajet !

Le réservoir d'huile moteur

Le réservoir d’huile moteur, à côté de celui du liquide de refroidissement a une capacité suffisante pour vider quelques pleins d’essence.

Entretien

Comme toutes motos à moteur deux-temps, un soin particulier est à apporter sur les RDLC. Respect du temps de chauffe, entretien minutieux et qualité de l’huile contribueront à la fiabilité du moteur. Celui-ci a besoin de très bons et fréquents réglages de la carburation afin d’éviter la casse ou le serrage. Le moteur de la 350 RDLC est néanmoins reconnu comme l’un des plus fiables, malgré quelques petits problèmes de jeunesse notamment au niveau des collerettes d’échappements sur les premiers modèles. Pour la partie cycle, une inspection méticuleuse s’impose pour traquer d’éventuelles criques au niveau des soudures du cadre. L’axe de bras oscillant a besoin d’un bon graissage périodique afin d’éviter usure ou grippage. Méfiance, certaines pièces d’habillage sont devenues très difficiles à dénicher…

coupe « Yamaha »

La nouvelle RD350LC est si proche des machines de course que Yamaha vante sa coupe « Yamaha » réservée aux heureux possesseurs de cette moto.

Chronologie

La RD350LC remplace les modèles RD de la marque Yamaha. Présentée au salon de Paris 1979, homologuée par le service des mines en mai 1980 puis commercialisée au mois de juin de cette même année, la RD350LC fait descendre dans la rue une réplique de moto de course. En effet, cette machine, pourtant routière, possède toutes les caractéristiques d’une moto de vitesse. Elle connut un succès immédiat puisqu’elle fut vendue en France à 9212 exemplaires entre 1980 et 1985 pour les modèles 4LO et 31K et 1513 unités de 1986 à 1991, année où elle achèvera sa carrière dans l’Hexagone.

Evolutions

  • En 1981, la RD350LC (type 4LO-01) évolue déjà avec de nouveaux cylindres, réglages carburateurs et clapets d'admission. Elle est disponible en blanc et en noir.
  • Le modèle 1982 est identique aux années précédentes et est disponible également en bleu avec trois bandes décoratives au lieu de deux.
  • Pour 1983, la RD350LC2 (type 31K) s'offre plus qu'un lifting, une refonte, car peu de pièces restent communes au modèle précédent. Elle adopte l'YPVS (Yamaha Power Valve System), une valve rotative à l’échappement qui restera la principale évolution de sa carrière. Nouveaux cadre, fourche, suspension de type motocross à progressivité variable, disque arrière (contre tambour), roues, garde-boue et phare avant complètent la liste des évolutions. Plus facile à exploiter grâce au couple apporté par l’YPVS, cette RD350LC gagne aussi en puissance (59 ch).
  • La RD350LC prendra le nom de RD350N à partir de 1985 et rejoint le catalogue par une version carénée (RD350F). Cette dernière évoluera une nouvelle fois en 1986 avec la RD350F2 (type 1WT). La filiation se poursuivra jusqu'en 1995 en Grande-Bretagne avec la RD350R.

La 350 aux cotés de sa grande sœur, la 500

La 350 aux cotés de sa grande sœur, la 500. La gamme des chevaux de course fait toujours rêver.

Côté cote

Affichée au prix de 12.950 Frs (soit 1.975 €) en 1980, la Yamaha RD350LC a (elle aussi) bien passé le cap de l’euro. Elle a beau avoir connu un énorme succès avec 10.725 ventes en France, bons nombres de RD ont fini sur la piste (dans le meilleur des cas) ou dans les champs, talus, sous-bois ou tout autre environnement hostile. Les rares beaux exemplaires sont tombés dans les mains de collectionneurs, ce qui a pour effet de faire grimper la cote. Ne comptez pas moins de 5.000 € pour une machine en parfait état d’origine et 3.000 € pour un modèle en bon état et entretenu.

Maquette Tamiya de la Yamaha RZ350

Maquette Tamiya de la Yamaha RZ350 (dénomination au Japon), kit à monter soi-même avec décalcomanie, échelle 1/12ème, au prix 32.30 € chez Hobby Maquettes

Conclusion

Finalement, la RDLC n’a pas un usage exclusivement sportif, le duo est même envisageable pour des balades sympathiques dès lors qu’on s’éloigne des grands axes autoroutiers. Sans parler de polyvalence, la Yamaha 350 RDLC sait se montrer à la fois sportive, redoutable, routière, docile, mythique, utilisable au quotidien et a toute sa place dans le garage des amateurs de machines à forte personnalité…

Points forts

  • Moto deux-temps mythique
  • Performances étonnantes
  • Caractère moteur
  • Tenue de route
  • Légèreté

Points faibles

  • Moteur pointu
  • Autonomie
  • Fumées odorantes et polluantes
  • Peu courante dans les petites annonces
  • Prix

La fiche technique de la Yamaha 350 RDLC

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