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La Ducati du Pharaon

Le polar de l'été - Episode 7

La Ducati du Pharaon - 7

- Aucun signe de trauma sur les os, les vêtements ne portent pas de traces de sang, rien d’anormal au niveau des chevaux : pas de traces d’empoisonnement. C’est tout ce que je peux dire, répond le médecin légiste.

- Donc elle est morte enterrée vivante, coincée dans les toilettes ?

- Ah non ! Regarde les photos. La manière dont elle est assise. Son port de tête. Ses vêtements à peine dérangés. Pour moi elle a été tuée par concussion.

- Par quoi ?

- Elle a été tuée par l’onde de choc, si vous voulez. Son coeur s’est arrêté de battre sous la force de l’explosion de l’obus. Ses poumons ont subi des dommages irréversibles. C’est commun parmi les victimes de bombardements. D’après moi, c’est la cause de la mort.

- OK. Merci Mangin. Tu m’envoies ton rapport dès que tu peux ?

- Oui, oui. Disons trois heures maximum le temps de tout mettre au propre.

Farront raccroche, bizarrement soulagé d’apprendre qu’Odette n’est pas lentement morte de soif ou d'asphyxie, enterrée vivante.

On frappe à la porte et Alex entre dans le placard qui lui sert de bureau.

- C’est quoi ce bazar ? demande-t-il à la vue de ce qui trône sur le bureau de Marc.

- Les culbuteurs de la Ducate.

Alex ne fait aucun commentaire et enchaîne :

- Les papiers qu’on a retrouvés dans la mallette près d’Odette Franz. Tu sais ce que c’est ?

- Non et je m’en fous ! rétorque Marc avec humeur. Tu m’emmerdes avec tes devinettes !

- Bon, bon. Pas la peine de t’énerver. En fait c’est un dossier de demande de changement de patronyme la concernant et une série de pièces administratives, dont certaines en allemand. Quelques-unes sont écrites en caractères gothiques, très vieilles et en piteux état, donc pas faciles à lire. En tous cas je ne peux pas les déchiffrer, il faudrait demander à quelqu’un.

- OK. On va faire ça. Sinon Mangin dit qu’elle a probablement été tuée par l’explosion. Il dit que ça arrive dans les bombardements : le coeur s’arrête de battre et c’est tout.

- Ah ?

- Oui. Je préfère ça que de savoir qu'elle est morte de soif.

Alex opine de la tête avec un murmure d'assentiment.

- Donc elle allait demander un changement de nom ?

- Elle l'avait même obtenu : il ne lui restait plus qu'à officialiser tout ça. De ce que je comprends c'est qu'un de ses ancêtres s'est retrouvé en Allemagne début 19e et y est resté. Là, il a germanisé son nom. Son père est revenu pendant la guerre de 70, si j'ai bien lu et il s'est installé en France. Donc elle était Française et pas Allemande, mais elle voulait quand même changer de nom.

- En même temps, à l'époque, c'était un peu compréhensible, relève Marc. On n'aimait pas trop les Allemands, dans le coin. C'est peut-être juste à cause de son nom qu'elle recevait des lettres de menaces. Le patriote standard peut être très très con quand il s'y met.

Un silence s'installe.

- Ça ne nous dit toujours pas ce qu'elle faisait là ce jour-là, finit par dire Alex.

Marc hausse les épaules.

- On peut pas tout savoir... on peut pas tout savoir, répond-il sur un ton pensif.

- Ça avance, ta moto ? demande Alex pour changer de sujet.

- Oui. On termine la distribution et elle devrait tourner. Peut-être la semaine prochaine si j'ai le temps.

- Elle avait quoi ?

- On ne sait pas trop. On remonte tout dans les règles et je prie pour qu'elle tourne rond. Peut-être que c'était un allumage pas top et une carburation déréglée sur un moteur qui avait besoin de soins.

Le polar de l'été

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