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Définition : Scrambler

Des "routières" gentiment "off-roadisées" au phénomène de mode actuel : retour sur les scramblers

Depuis les années 20, presque un siècle d'existence pour ces machines qui vivent au gré des modes

Définiition : scramblerLe Scrambler est hyper à la mode ces temps-ci, on en voit fleurir sous (presque tous les blasons). C'est la vache à lait de chez Ducati et même Yamaha en a fait un, sur base de custom et qui n'est d'ailleurs pas si mal que ça : le SCR 950. D'où la nécessité, car comme l'a si bien dit le grand Albert Camus, "mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde", de bien savoir de quoi on parle. Un scrambler, c'est quoi

Les arpents verts

A grand renfort de marketing, le scrambler étant par essence un objet "cool", l'image de Steve McQueen a été dépoussiérée à grand renforts de publicité. Steeve, c'est la liberté, le scrambler, c'est la moto avec laquelle il tente de s'évader. La force de ces images est de valoriser le cadre parisien qui ne franchira jamais le périphérique, mais qui se sent cool et loin de toutes les conventions. Dans l'imaginaire collectif, la ville, c'est l'aliénation, la nature, c'est la pureté dans laquelle on se ressource : le scrambler permet de faire la jonction avec style. Quelques belles images, un beau gosse, Yamaha l'a bien compris dans sa vidéo de promotion :

Steve aurait sûrement préféré qu'on le laisse tranquillou dans sa tombe.

En fait, l'idée de scrambler est bien plus vieille que cela : en gros, elle remonte au premier motard (donc : le premier type sur une moto), qui a vu un morceau d'herbe et qui s'est dit : "mon coco, ça a l'air chouette, allons donc rouler dessus). Et ça, ça remonte à il y a... très longtemps !

Dans les années 20, l'Angleterre, pays fan de courses motorisées, organisait moult "trials" : il ne s'agissait pas de jouer à l'équilibriste entre des palettes comme aujourd'hui, mais d'aller d'un point A à un point B, le plus vite possible, en prenant des libertés avec l'itinéraire. Et à l'époque, il n'y avait pas 1000 versions dans les catalogues : les types prenaient ce qu'ils avaient sous la main, c'est à dire une moto bien semblable aux autres motos des copains et essayent de l'optimiser. Et ceci avant que les constructeurs ne se décident à faire des motos pour cet usage particulier...

Donc, optimiser une machine pour cet usage, ça voulait dire quoi ? On va voir que répondre à cette question, c'est poser les bases de ce qui est considéré aujourd'hui comme un scrambler : ça implique donc un échappement plus haut pour gagner en garde au sol et surtout ne pas l'écraser bêtement sur le premier caillou venu, une petite selle solo puisque on va conduire debout sur les repose-pieds et qu'il est hors de question d'emmener une Géraldine, un moteur avec du couple plus que de la puissance, une moto simple et légère parce qu'elle va forcément finir dans un fourré, qu'on va devoir la remonter voire la réparer rapidement, un petit réservoir parce que si le truc est amusant, il ne dure pas longtemps, une grille de protection pour le phare, pour des raisons évidentes et des pneus typés TT, pour passer dans la gadoue.

Scrambler Norton P11

Bref, quand on voit des monos 500 anglais des années 40, on se dit que Yamaha n'a pas eu à gamberger beaucoup pour créer la 500 XT, même si la mode naissante du Dakar a permis de lui construire sa propre mythologie... et donc son univers marketing. Toujours est-il que l'industrie anglaise des années 50 et 60 à contribuer à vivifier le genre... avant que Ducati ne prenne le relais avec son 450 Scrambler du milieu des années 60.

Des "routières" gentiment "off-roadisées" ?

Le motard, comme tout grand enfant qu'il est, aime à se rouler dans la boue, ou à défaut, dans le sable. Au fil des années et même des décennies, les rassemblements de ce genre ont continué à se produire et les USA ont pris le relais avec les virées dans le désert. Pour cela, il fallait rajouter une grosse plaque de protection sous le carter ("skid plate", dont la contraction donne le "sled" de Ducati Scrambler Desert Sled, par exemple et le tour était joué). Et puis, le genre est tombé en désuétude. La spécialisation des motos s'accélérant, on faisait désormais plus efficace que ces lourds scramblers mal suspendus pour rouler en tout-terrain. C'est ainsi que le scrambler a failli mourir.

Mais fort heureusement, la coolitude a ses cycles et en 2006, Triumph se souvient intelligemment de son histoire (c'était effectivement plus avisé que la Daytona 650 à 4 cylindres !!) et ressort le Scrambler. Simple, pur, il donne envie.

Définiition : scrambler, le Triumph de 2006

Toujours en quête de parts de marché, les services commerciaux des constructeurs ne négligent aucune niche. C'est ainsi que le scrambler fait sa mue dans l'autre sens et renie légèrement son héritage quand il devient Street Scrambler chez Triumph, ce qui ne laisse pas sans interrogations. Et c'est encore pire quand il se prétend "sportif", à l'instar du Ducati Scrambler Café Racer.

L'imagination est sans limite. Les catégories de motos aussi.

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