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Salut à tous

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Salut à tous
Ajouter en ami Borovos   15-04-2018 18:45
Salut à toutes et à tous,

M'y voilà, 1 an de bécane pile-poil! Pour me présenter, ma petite histoire.

Du déjà lu ou entendu, probablement, un ou deux trucs auxquels je ne m'attendais pas, surement.


////////////////

Trois cent soixante-cinq jours par an !



Voilà un an qu'elle est mienne, ma petite ER6-F vert kawa, ma toute première.



L'histoire d'un périple qui aura commencé longtemps avant.



Presque un an et demi depuis l'obtention du précieux sésame, le permis A sans restriction, un des derniers attribués avant le A2 obligatoire pour tous.

Et bientôt deux ans depuis les premières leçons à l'école Conduite Sûre de Palaiseau.



Les cours sur le plateau au dôme de Villebon sur Yvette, un samedi sur deux, parfois un par mois, faute de temps en semaine avec la fatigue du boulot, les astreintes le weekend, la famille en province à qui il faut rendre visite...



La première leçon, passage de vitesse, première, seconde, première, seconde, première, seconde. S'arrêter, redémarrer, sans relâche pendant presque 2h, mécaniquement, ne pas chercher plus, rester sobre, regarder au loin, chercher sa trajectoire dans ce petit virage en seconde, la première frayeur en freinant bien sec...



Arrive la fatigue. Les explications techniques, l'équilibre, les prises de trajectoires, la conduite en rond à une main puis en 8 en changeant de main, toujours au régime moteur sur la largeur d'une voie, quelques buches à cause des chaussures inadaptées avec zéro sensation dans le frein arrière, rester à cuir sur le bitume en plein cagnard en espérant un jour passer plus que la 3ème.



Le terrain inaccessible pendant plusieurs mois, occupé par des gens du voyage, le déménagement ensuite sur un petit parking le long d'un parc de Massy, qui se retrouve envahi de piétons dès 11h30 avec l'ouverture du resto voisin.



La buche stupide en sortant du parking de l'auto-école, à regarder au bout de mon pneu. Première fois coincée sous le poids de la moto, à pousser comme un âne pour me redresser sur la voiture qui me maintient à 45° ...



Les révisions du code à la dernière minute, juste avant le plateau, trois séances en salle, quelques soirées sur le net à répondre aux QCMs à la chaine, retenir les nouveaux pièges, passer en mode "bête à manger du foin", la réponse la plus sécuritaire sera la bonne.

Celui qui sort de chez lui avec son gros 4x4 en marche arrière et sans visibilité est un abruti, mais faisons preuve de civisme en théorie, laissons-le passer sans gueuler. A se demander si ceux qui rédigent ça ont déjà pris le volant dans les grosses agglomérations, sûrement des hauts fonctionnaires du ministère qui roulent avec chauffeur, loin des lois de la jungle.



Les heures s'enchainent, doucement, l'échéance approche, la lassitude arrive avec ce chrono à tenir sur le lent. Le plateau a lieu au début de l'automne, premier vrai trajet dans un trafic dense un matin frisquet sur l'A6 en direction du centre d'Evry.

L'odeur du diesel des PL, de l'huile moteur, les changements de files incessant des VL, les 2 roues qui me frôlent en interfile, un moment de surprise, le sentiment de se retrouver à poil au milieu d'une bagarre, fragile tout simplement, voilà ce que j'en garde. La sécurité offerte par la carrosserie automobile prend tout son sens, la fragilité du 2 roues aussi.



Les difficultés connues sur le lent, ce passage entre le second virage et la première porte, l'angoisse et les conseils avisés du mono jusqu'à la dernière minute "ne cherche pas la perfection, autorise-toi un B, un pied à terre et n'oublie pas, tu as deux essais".

Premier passage, deux pieds à terre, je laisse mon pied au sol, le temps de prendre conscience de ce terrain légèrement en pente, différent de celui d'entrainement, garder en tête où ralentir, où m'autoriser ce fameux "pied", évaluer ma trajectoire pour sauver les meubles.

Second passage, un seul pied que je laisse poser bien à plat volontairement, pour gagner quelques secondes de plus, je redémarre, fini mon tour, chrono respecté. Le soulagement.

Les points de contrôle de la moto, rien à redire.

Ensuite, le rapide sans encombre. La montée de pression, les endorphines à gogo, les genoux qui tremblent ! J'y suis, j'y suis ! En oubliant le "presque". Puis la déception partagée de celle qui dépasse la ligne blanche au demi-tour du rapide, recalée.



Le final catastrophique, les questions dont je connaissais les réponses mais sous le coup de l'émotion, j'en perdais mon latin.

L'examinatrice qui me tire les vers du nez, un point après l'autre, pleine de patience alors que je mélange toutes les fiches ! Puis le "mes félicitations", accompagnées d'un sermon. "Merci beaucoup Madame !", le sourire jusqu'aux oreilles.



L'euphorie, le pied total. Les encouragements pour ceux qui ont échoué, "on se reverra pour l'épreuve en circulation" en guise de réconfort.



La première leçon sur route, et cette fichue prise de conscience après une demie heure où je suis tellement obnubilé par la route et les autos que j'en oublie les panneaux ! Le loupé à la sortie d'un rond-point, je suis par chez moi, je connais ces routes par c½ur, en auto...

La pause, puis la boulette de l'autre élève que je suis en deuxième partie de leçon. Un fou du guidon, à la conduite dangereuse, en excès permanent, sans appel de frein, à nous semer le moniteur et moi malgré les messages dans l'oreillette. J'accélère pour rattraper ce couillon grisé par la route, je me mets en danger sur un rond-point incliné et vient l'erreur de trop en suivant l'autre, directe dans le sens interdit quand le mono nous dit "prenez à droite"...

Je me souviendrai longtemps de ce savon "Vous voulez piloter, allez sur circuit, vous n'avez rien à foutre sur la route". Mauvais souvenir et une leçon d'apprise, ne pas suivre un autre motard naïvement.



Encore quelques heures sous la flotte, dans le froid de novembre juste avant l'examen en circulation. Le chocolat chaud ou le café offert par le moniteur, les discussions sur le 10km/h au-dessus, la route qui glisse, la visibilité sous la pluie, le débat avec l'autre élève sur la zone 30 à respecter au pied de la lettre ou non, les gants trempés qui se réchauffent tant bien que mal sur le tableau de bord de la voiture du mono.



Vient le jour J, la dernière épreuve à l'issue de presque neuf mois d'apprentissage. L'examinatrice est une belle femme pleine de caractère qui se moque d'arriver en retard. L'occasion de débattre sur l'utilité du gilet jaune "si t'es au sol, le gilet jaune ne fera pas s'arrêter le camion qui foncera sur toi"...

Sur la bécane, un petit mot dans l'oreillette pour me dire d'y aller doucement sur la 4 voies comme il y a un radar auto, mais je suis à 10 au-dessus, un peu plus sans doute, je double un PL pour me mettre en sécurité.

Petit cafouillage à la sortie où je m'arrête, paumé au rond-point alors que je suis prioritaire sur un camion. Puis un feu passé à l'orange.

Je m'attends au pire, les souvenirs du permis auto reviennent, sans concessions. L'épreuve finie, je remonte en voiture et cède ma place à un autre, j'entends alors comment parle l'examinatrice hors micro, "il n'y a plus de sécurité routière en France", "mais regardez comment ils roulent", et l’apothéose "je lui péterai bien l'autre jambe" quand un éclopé traverse en dehors des clous en pleine circulation, forçant le candidat à faire un évitement suivi d'un arrêt en urgence.



Le débrief avec le moniteur me rassure, les quelques jours d'attente puis vient le permis provisoire.

Le permis définitif est enfin disponible en préfecture, les heures d'attente, à discuter avec d'autres jeunes motards qui viennent chercher leur A2, le parcours du combattant avec un cerbère à la clé qui demande trois papiers, dit à peine "bonjour" et file un bout de plastique nonchalamment.





Une fois le Graal en poche, il faut trouver la perle. Les italiennes sont belles mais hors de prix, les Harley inadaptées à la circulation en région parisienne, la MT09, trop puissante.



Les semaines s'enchainent, à faire les sites d'occasions, les concessions avec les potes, à aller voir les motos en attente de préparation, ces bécanes qui ont morflées et qui vont être remises "à neuf" avec un coup de peinture et un nouveau morceau de carénage alors que l'ancien proprio est un cochon.

Une MT07 de démo à un prix défiant toute concurrence me passe sous le nez dans un concessionnaire de confiance.

Neuf ou occasion, quel budget, quelle puissance, combien pour assurer tout ça, le prix des pièces et de l'entretien ? Trop de questions pour un bleu comme moi.

Les premiers devis assurance, OK, ça sera une 650 au max. Occasion ou de démo, la MT07, pourquoi pas? La SV650, le pot dépasse trop, ça ne me plait pas. L'ER6, je connais, j'ai appris dessus, ça serait le plus simple.

Comme je veux faire de la route et surtout rouler toute l'année, les potes me conseillent une version carénée pour me protéger du vent et du froid, idée validée.



En noir, en gris, je cherche mais nada. Puis vient cette annonce, un véhicule de quelques années avec un faible kilométrage, à peine 13 000 bornes, 400 euros en dessous de l'argus.

Je l'essaye sur un parking de centre commercial un week-end, je trouve qu'elle broute un peu, mais ça fera l'affaire, je n'ai pas roulé depuis le permis mis à part en passager. Elle est propre, il y a toutes les factures, on voit une petite trace de chute.

La couleur ne me plait pas, mais bon, je serai visible avec ça. C'est parti, vert kawa!



Soulagé de quelques milliers d'euros, je rentre tranquillement chez moi avec mon nouvel engin. Déjà cinq mois sans rouler, je reste prudent.

Comme c'est Pâques et que le temps est doux, la remise en jambe est prévue avec deux potes le lundi même. Une petite balade en vallée de Chevreuse, en direction de Rambouillet.

On se retrouve à trois, je suis tranquillement mes compagnons qui s'amusent, l'un en MT-09 et l'autre sur une Street Triple. C'est agréable, on roule pépère.

On passe les "dix-sept virages" en douceur, le coin est fréquenté par les motards. Une carcasse encore chaude trône le long d'une glissière de sécurité. Le véhicule de gendarmerie est toujours là, les pompiers sont partis, on espère que ce motard inconnu n'est pas trop mal en point.

La route continue, on traverse quelques bois, villages puis vient ce carrefour suivi d'une belle ligne droite où les potes qui commencent à s'ennuyer décident de taper la bourre.



Je les laisse filer et je décide moi aussi de tester ce que mon bébé a dans le ventre, une pointe à 120, un petit effet tunnel avec la forêt de part et d'autre. Puis ce foutu virage mal indiqué, un S gauche puis droite.

J'arrive trop vite, je sais pas pourquoi, je ne l'ai pas vu, je me dis que c'est foutu avant même d'y être, je freine sec mais je n'ai pas l'ABS, j'appuie trop sur l'arrière.

Je vois ce tas de gravier qui m'appelle, la moto va où se porte le regard, une loi inaliénable. La roue arrière se bloque, passe sur le côté droit, c'est la vautre, le tout droit en entrée de virage, moto allongée perpendiculairement à ma trajectoire.

Ma jambe est prise entre les 200 kg de ferrailles et le bitume, je sens la protection du genou qui descend, descend, puis se barre, l'épaule qui rebondit sur la route, je me recroqueville en glissant. Le choc est violent, la douleur aigüe. Je donne un gros coup de pied et me dégage de là-dessous.



Après coup, je me suis souvenu d'un roulé boulé dans l'herbe, vert, bleu, vert, bleu, le ciel et la terre. Coup de bol, pas un arbre à cet endroit, quelques mètres de gravier puis d'herbes me sauvent la mise.



Je me relève furieux, la douleur partie en une fraction de seconde sous l'adrénaline, je relève la bécane comme si elle ne pèse rien. Rétro gauche HS, carénage et moteur abimé en surface, je vois de la fumée... je suis en pétard contre moi même. Première sortie !

Je remets au point mort, tente de la redémarrer, rien. Je fini par virer mon casque et m'allumer une clope, droit comme un I sur le bord de la route.



Un peu sonné, deux randonneurs tombés du ciel me demandent si ça va. "Ouais, ouais". Une voiture croisée au moment de ma chute fait demi-tour, regarde puis s'en va.

Le temps passe et les potes reviennent, sous le choc de me voir comme ça. La voiture en question roulait à gauche à fond de train quand ils l'ont croisé, ils pensaient que je me l'étais prise de face dans le virage.



Un des potes prend la bécane, la relance, fait un tour et teste l'embrayage. Tout fonctionne, c'est la fin des festivités. L'un me reproche d'avoir retiré le casque et est sur le cul de mon comportement, stoïque, l'autre, en tête à ce moment-là culpabilise à mort.

Je le rassure tant bien que mal. C'est ma faute, j'ai merdé.

Sur le retour, on s'arrête dans un rad de motards. Un coca pour moi, un café et un chocolat pour les potes, on débriefe sur ce qui s'est passé, je douille comme pas deux, retire ma tenue pour voir les hématomes, je souffre mais m'en tire à bon compte.

Je bénie le pantalon et la veste qui ont encaissé le bitume, je n'imagine pas l'état de ma peau avec une tenue plus légère. On n'est pas prêt de me voir conduire en tongue et chemise à fleurs.



Vient le retour chez moi sans rétro gauche, pas cool. Un petit tour aux urgences pour contrôler ce genou qui me fait de plus en plus mal. Depuis j'ai une boule rigide au-dessus de la rotule.

La radio des cervicales ne montrent rien non plus. Plus de peur que de mal.



Après une petite convalescence et l'achat d'un rétro neuf, je me décide à prendre la route tous les jours en commençant par mon trajet domicile-travail à travers villes plutôt que via les grands axes.



Respectueux du code de la route, je tâche de m'habituer aux piétons, aux portières qui s'ouvrent, aux refus de priorité et aux clignotants absents, j'évite l'interfile pour le moment, ça me rappel ma jeunesse quand j'allais au lycée à vélo.

Puis j'échappe plusieurs fois à la chute en freinage même doux. Je ne comprends pas pourquoi, je me suis calmé sur le frein arrière et je prends doucement mes repères sans l'ABS.

La solution est simple, ce sont les pneumatiques et apparait alors une explication partielle de ma première chute. Les pneus sont aussi vieux que la moto, la gomme est dure comme la pierre, les craquelures apparaissent de partout en quelques kilomètres et surtout les pneus sont sous gonflés.

Le motard du dimanche qui me l'a vendu ne s'est pas posé de questions en cette sortie d'hivernage, merci à toi pour la pression à moins d'un barre cinq, et je me demande toujours si je n'ai pas eu droit à du cirage sur la gomme pour cacher la misère.



Il y aura toujours des gens malhonnêtes et un jeune motard aura toujours des choses à apprendre.



S'en suit l'achat de pneumatiques neufs prévus pour tenir aussi l'hiver, les conseils du garage sur la couche de paraffine à éliminer doucement sont précieux.



Avec la fatigue et la faiblesse dans le genou, je lâche la moto deux fois à l'arrêt. Je n'ai pas encore les muscles du motard. Il m'en coute de nouveau un rétro gauche et un cale pied en plus.

A chaque fois, je peste contre moi-même et en bave pour remettre la bécane d'aplomb, sans oublier les bobos.

Depuis j'ai arrêté la marche arrière assis sur la moto, ce n'est pas un youpala. Stationner sur des trottoirs haut perchés dans une rue en pente et descendre en marche arrière par un bateau, ce n'est pas la meilleure idée non plus.



C'est mi-juillet que je me lance dans mon premier périple en solitaire. Neuf jours dont 3 jours de festival moto (je n'avais jamais vu autant de mecs en fauteuil roulant en festival, message reçu), plus de 1300km, en mode camping, chargé comme une mule, à rouler sur autoroutes, nationales et départementales, une triangulaire Ile de France, Limousin, Basse Normandie en passant en Touraine par deux fois.

Encore un apprentissage, les premières courbatures sur autoroute, dès cent kilomètres, à suivre un autre motard et à observer comment il se détend tout en conduisant, debout sur les cales pieds, jambes tendues...

La douleur qui finit par apparaitre dans le poignet droit, les vibrations qui usent les muscles et qui imposent l'arrêt, la prise au vent.



La route continue après le festival, fatigué, sous la flotte, à se retrouver derrière un tracteur ou avec un PL aux fesses qui se fichent des trombes d'eaux.

Les kilomètres et les jours s'enchainent, le sac à dos de 80 litres qui contient la tente et d'autres bricoles devient vite insupportable entre son poids et la prise au vent.

Les sacoches latérales et la sacoche de selles se retrouvent rempli à ras bord mais le soulagement reste insuffisant.



Ce périple me fait prendre de nouveau conscience de la désertification de nos provinces, de la difficulté de trouver un endroit où prendre une boisson chaude ou manger un morceau une fois sortie du réseau autoroutier, même en pleine été.

Les restaurants et les bars fermés jonchent le bord des anciennes nationales. En passant par le Mans, je tape une petite bourre sur les tronçons de route qui composent le circuit, pour le plaisir.



Je croise quelques motards, on se salue, je discute avec quelques bikers qui me voit trimer sur mon roadster.



Le trajet retour de la Normandie vers Paris fût une première également.

Empruntant l'ancienne N13, je croise une bande d'une trentaine de motards en roadster et sportives qui font un break. Je les salue en passant.

Très rapidement, je me fais rattraper par cette horde qui roule tombeau ouvert et double les automobilistes ralentis par les bouchons au retour du 14 juillet.

La horde tape fort, elle monte bien au-dessus du 130 pour 90, pousse les voitures, roule à contre sens. Elle est très organisée avec des ouvreurs qui bloquent la circulation aux intersections, rond points.

Je tente de suivre en queux mais j'abandonne très vite vu la dangerosité de la situation. Quelques kilomètres m'ont suffi pour comprendre que ce n'était pas mon style et que je n'étais pas au niveau.



La route continue, et je vois 3 motards dans mon rétro. Allure correcte, en formation. Ils me suivent gentiment puis viennent à ma hauteur, on se salue. Je les laisse passer et me mets dans leurs roues.

J'ai trouvé ce qu'il me fallait. On continue sans souci.

Avec la traversée d’Évreux vient la pause carburant. On se retrouve après avoir fait le plein, on échange sur la Joe Bar Team qu'ils ont aussi croisé, on se présente, discute en fumant une clope, en buvant un coup (d'eau) et en grignotant.

Je me plains de mon sac à dos, j'en apprends sur l'équipement, des petits détails tout bêtes comme ne pas taper la bourre à la sortie d'une station à cause du carburant qui colle à la gomme et fait glisser. Le danger n'est pas qu'au pied de la pompe.



On se quitte à hauteur de Dreux, bonne route les gars et merci à vous.



Les vacances se terminent pour moi. La région parisienne se vide un peu plus chaque jour.

Un peu plus en confiance, je me décide enfin à m'attaquer au trajet "Périph, A6, A10" pour rentrer le soir.

Premier essai en respectant le code de la route, un cauchemar. Pris au piège entre les voitures, l'espace de sécurité devant moi disparait en un instant, et celui derrière moi n'existe simplement pas. Les automobilistes me collent, me passent devant, rien à faire des 2 roues trop lents.

Deuxième essai en interfile, je m'insère tant bien que mal sur le périph qui reste toujours dense avec ses deux roues à la queue leu leu.

Vient ensuite l'A6, 90 sur le panneau, les voitures sont à 110-120 vu le trafic, les motos tapent le 130-140, pas le choix, je me cale sur les autres. Il faut serrer les fesses parfois très fort, mais ça passe. Je laisse le soin aux autres d'ouvrir.

Les jours passent et la routine s'installe, où dépasser, où se caler dans l'interfile, qui doubler et qui laisser passer, où faire les appels de freins, où déboiter pour sortir en sécurité de la 4 voies, le tout bien au-dessus des limites fixées, pas d'autres choix que de rouler plus vite que les VL.



Non, nous ne conduisons pas, c'est un fait, pas dans ces conditions. D'ailleurs, on ne nous apprend pas à conduire avec ses heures de plateaux. Nous pilotons parce que nous n'avons pas le choix.

Toujours à placer le regard, à anticiper la réaction des autres, à se faire voir, se faire entendre, éviter les obstacles, doubler la situation dangereuse et la laisser derrière soi. Certains prennent plus de risques que d'autres, là se jouent la différence.



Je repense à ce pote qui me disait lors de mon escale à Tours, "vire moi ce pot d'origine, mets en un bruyant, pas pour faire chier les voisins mais pour te faire repérer, c'est un élément de sécurité en région parisienne". Et moi qui ne le croyais pas, maintenant, je pense à le changer.



Je change de route pour éviter la routine, villes, quartiers résidentiels et axes rapides en alternance. Des trajets différents selon l'humeur, le temps devant moi, et les travaux qui font rage durant l'été.

Je prends mon premier trottoir quand deux bus se retrouvent coincés à cause de livreurs en double file, un sur chaque voie. Je culpabilise, l'impression de me comporter comme tous ces scooters qui ne font gaffe à rien et contre qui je peste tous les jours.

Petits ou gros, ils forcent le passage, slaloment au lieu de tenir leur trajectoire, remontent par la droite, se foutent sous mon nez au feu pour ensuite ramper comme des limaces.

Je fulmine contre cette jolie nana sur une vespa que je vois souvent mais qui ne sait pas ce que sont des EPI ou des rétroviseurs... Passons.



Je profite de la fin de l'été pour prendre l'autoroute un peu plus tard, quand il n'y a plus un chat. Je pousse, 140, 150, 160, 170, 180. Jamais très longtemps, suffisamment pour savoir que ça ne pardonne pas, et que le 200 attendra encore un peu.



La rentrée de septembre arrive, les parisiennes sont de retour, encore quelques jupes ici et là, regarde la route bon sang de bois...

Le trafic se densifie. Je commence à être roder, mais l'augmentation proportionnelle des incivilités avec le trafic me tape sur les nerfs, je m'exprime, fais ronfler le moteur, fais signe, toujours gentiment. Je ne suis pas au stade de "péter du rétro".

Puis vient ce soir de folie. De retour d'une sortie sur Paris, me voilà coincer derrière un car qui double une vieille voiture sur l'A10. Pas moyen de passer entre les deux. Je me positionne derrière le car, patient. Une voiture déboule dans mon dos et me serre de prêt.

Premier appel de stop, rien. J'insiste. Plus ça va, plus la voiture me colle, bientôt c'est à peine si je peux voir ses phares dans mes rétros. Je fais signe de la main pour que cet automobiliste prenne ses distances. Mais rien à faire.

Le car finit par se rabattre, je passe et reste à gauche pour prendre la bretelle suivante, à bonne allure. La voiture qui me collait remonte la file de droite à fond, se met à ma hauteur, je me tourne et aperçois deux jeunes mecs en furie qui me hurlent dessus depuis leur bagnole. Un petit signe pour leur faire comprendre qu'ils ont un pète au casque, et voilà que la voiture se rue sur moi pour me pousser sur la glissière !

Malade ! Taré ! Dégénéré !



Pas une seconde à perdre, je pousse pleine bille et m'enfuie de là, prend mon échangeur à gauche et disparait. Qu'est-ce que j'ai fait de mal bon sang ? J'arrive chez moi dans un état lamentable, choqué.

J'étais dans ma voie, je roulais à allure correct, j'ai juste demandé au mec de ne pas me coller. Pas un doigt d'honneur, pas de ronflement de moteur, juste une main à plat de haut en bas pour le faire ralentir un peu. Il n'allait pas pousser le car de toute façon.

J'oublie que les gosses se poignardent pour moins que ça nos jours.

Connards.



La pluie se pointe, le trafic est dense, la nuit tombe de plus en plus vite, c'est l'automne, je fini par abandonner les axes rapides. Je repasse par ma banlieue, en longeant la coulée verte, un peu plus vivement qu'au printemps.

Je baisse le régime les soirs de pluies battantes, quand les piétons habillés de noirs déboulent de partout, quand l'éclairage public flanche.

Ces deux gosses que je n'ai pas vu à un passage piéton, cette nana en tailleur et haut talons qui déboule de la file de voiture à l'arrêt, deux belles frayeurs, pour moi et pour eux.

La bouillasse qui s'agglutine au milieu de la voie est une cochonnerie. Et personne ne m'avait dit que mon bel engin refuserait de monter ce bateau à cause d'un tapis de feuilles de mortes et d'un angle d'attaque trop réduit.



Puis c'est l'hiver, enfin le début. Les gants mi saison qui ne suffisent pas à tenir les 35 minutes de routes, la selle gelée deux matins, une petite chute de neige qui rend aveugle un soir sur la N118 avec qui les poids lourds qui roulent à fond.

A quand le casque avec essuie-glace intégré ? Je vais déposer un brevet, branché sur la batterie, clim l'été, chauffage l'hiver, avec affichage tête haute, détection d'obstacle, voix sexy pour le GPS, commande vocale, non, ça ne servirait à rien... On ne verrait plus la route, on ne penserait plus par nous-même.



Le temps passe. A chaque jour sa petite anecdote, le blabla régulier avec les potes, les envies, les histoires de la route, de devis sur le prochain entretien, le kit chaine à changer, les dos d'âne, les routes défoncées, l'automobiliste qui fait marche arrière sur un rond-point...



Et enfin, cette semaine, 15 cm de neige en région parisienne, une rigolade, Apocalypsnow comme je l'appel. L'absence totale de service public malgré une alerte orange de météofrance, la moto abandonnée à 150 mètres de chez moi, après un arrêt perpendiculaire au trottoir sans le vouloir, les bottes qui glissent, la pelle empruntée à un voisin pour déblayer un petit coin de trottoir verglacée pour ma belle et la laisser là le temps que ça fonde. La cale de bois sous la roue pour ne pas quelle glisse.

Cette nuit, il fait un petit -7°C, la neige fondue se transforme déjà en plaque de glace par endroit à 18h30. Demain, je serai à pied, ou au chaud.



La moto reste couverte de neige quelques jours. Au dégel, je me retrouve bloqué dans une ruelle ombragée et encore glissante. Et dire que ma commune a accueilli les automobilistes bloqués sur la N118 pendant une nuit et que les routes sont toujours crades, pas un coup de lame, pas un coup de sel.



Les jours s'enchainent, un repas avec les collègues motard, on parle assurance, pv, excès en tout genre, cylindré, roadster, routière tout confort (pour les vieux), custom, entretien, coût, accident et expérience diverses. Rien ne vaut les vieux roublards pour apprendre.



Un soir d'inattention, la moto finit au sol, presque à l'arrêt. Un peu de pluie, un abri pour vélo carrelé sur le parking d'un supermarché, le tout plein de gras, quelle idée de vouloir me garer là?! Des mecs sympas qui m'aident à relever la bécane. Mille mercis.



Le froid s'en va, la pluie se calme, par moment. La vitesse, elle, revient. Tout comme les travaux, les bouchons, puis les grèves. Slaloms, changement de file des voitures au ralenti, les feux pris à l'orange, de plus en plus, puis à l'orange très mûr, les petits deux roues qui ressortent de leur hibernation en quantité monstrueuse...

Un petit passage à l'école pour dire bonjour, plus d'un an après, à discuter, rigoler, brailler. Se dire au revoir et que, oui, je passerai sur la piste un week-end avec les croissants. Promis.

Je n'ai pas vu le temps passé, j'ai encore tellement à apprendre, à améliorer dans ma conduite. Un pote me repasse son bouquin, le Manuel de conduite à l'usage du motocycliste débutant, je revois mes virages, mes freinages.

Une ninja qui stationne régulièrement à mes côtés me permet d'apprendre pourquoi la gomme s'effiloche sur l'extérieur des pneus, "celui-là, c'est un vrai, c'est la gomme qui chauffe quand tu tapes vraiment fort".



Cette semaine, je sors d'un bar après avoir bu deux verres avec une collègue. Le temps est exécrable, je n'y vois rien, visière pleine de flotte, plus tous ces phares qui m'éblouissent, rien à faire, je roule, j'accélère quand je vois ce feu qui change de couleur à la dernière minute.

Un peu plus loin, j'aperçois des gyrophares bleus, sur ma voie.

Je m'arrête, et la voilà, une grosse cylindrée qui a bouffé le bitume et git au milieu du carrefour sans son maître. Les pompiers, les flics... pas de corps recouvert d'un drap blanc, heureusement. J'espère que le mec ne s'en sort pas trop mal et reçoit juste quelques soins dans le véhicule rouge. Je ne sais pas si c'est la fraicheur mais je frissonne un peu. J'ai croisé plein de scooters au sol en un an, avec un sentiment de dédain parfois, mais là, je me dis que ça aurait pu être moi.

Je repars au ralenti et je rentre sans forcer.

Aujourd'hui, je change ma vignette d'assurance. Les potes ne sont pas dispos pour la ballade, j'y vais tout seul. Un thé et une viennoiserie dans le ventre, je prends les départementales à travers les champs, les bois. Le printemps est doux. Les premiers bourdons finissent dans la visière. Je ne tape pas la bourre, je me ballade pour me reposer, changer de la routine de la semaine en me disant que j'aurai passé ma première année sans trop de casse.



Trois cent soixante-cinq jours par an je vous disais, j'y suis enfin.
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Re: Salut à tous
Ajouter en ami GODASSE avatar   16-04-2018 00:21
Sois le bienvenu sur le Repaire.V

Merci pour ton retour d'expérience,c'est vrai que l'on apprend chaque jour.
C'est également pour cette raison que ce samedi j'ai participé à l'opération "Reprise du Guidon" organisée par les motards de la brigade de police de mon département.Au programme circuit lent, sortie sur route à virolos à allure soutenue dans la circulation mais encadrée par les motards policiers (eux étaient en mode pépère alors que nous stagiaires nous étion dans le dur pour les suivre).Bonnes sensations que chacuns devraient vivre àl'orée des beaux jours quand les bouzines sortent de leur hivernage. clin d'oeil

Répondre Citer Alerter un modérateur
Re: Salut à tous
Ajouter en ami Flakes avatar   23-04-2018 13:51
Salut, merci pour ton retour d'expérience.

Je me permet quelques commentaires :

- Concernant la pluie sur le casque, ça fait pas office d'essuie glace mais tu peux envisager le RainX une fois de temps en temps, c'est pas mal
- Je suis en ce moment en train de chercher une nouvelle moto, je tombe souvent sur des gens qui les vendent avec des pneus qui ont +10ans. Faut pas croire qu'ils cherchent forcément à te flouer, la plupart du temps c'est de l'ignorance malheureusement...
- Le sac de selle est super pour balader plein de truc et éviter le sac à dos. Si tu as toujours ton er6, tu peux envisager la sacoche de réservoir aussi !
- J'étais un temps en RP, j'ai pris le périph deux fois, plus jamais après. T'es courageux.

Bonne continuation, au plaisir de te lire :)
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Re: Salut à tous
Ajouter en ami Borovos   25-04-2018 19:50
Salut,
Pour les stages, je vais essayer d'en faire un dans l'année ou l'année prochaine. Un pote a l'habitude d'en faire un par an.

On m'a aussi parlé des circuits (type circuit Carole), mais ça nécessite l'achat d'une combi et on tourne à plusieurs.

Pour le RainX, pas encore testé.
Pour le sac de selle, c'est le prochain investissement.

J'ai les latérales et la micro sacoche de réservoir. Le truc c'est que si je pars avec:
- veste épaisse et veste légère
- pantalon renforcé + pantalon pluie
- gants été et gants de pluie
- bottes et une paire de chaussures
et deux ou trois bricoles (plans, papiers, clopes), je remplis déjà une latérale et la sacoche de réservoir.

Il faut donc caser deux trois fringues et le matos de camping dans la dernière latérale et la future sacoche de selle.
Il n'y a plus la place de ramasser une bouteille dans un vignoble.

Bref, je pars toujours chargé comme un âne. J'ai du mal à me limiter au minimum. J'ai du travail à faire de ce côté aussi.

Pour conclure sur la conduite en RP, j'ai décalé mes heures de travail au bureau pour partir plus tard le matin, ça aide un peu.
Et comme je vais bientôt la quitter pour la Creuse. Autant dire que les dangers ne seront plus du tout les mêmes, brouillard, verglas, tracteurs, voitures sans permis, VL à bonne allure, ou encore bétail et gros gibier...

A plus et merci pour vos messages
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Re: Salut à tous
Ajouter en ami Nounours48 avatar   29-05-2018 14:47
Bienvenue @ toi V

Très agréable à lire et rappelle bien des souvenirs !

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Re: Salut à tous
Ajouter en ami Borovos   17-07-2018 17:52
Je confirme, un sac de selle est bien mieux que le sac à dos.
En tout cas, je ne regrette pas l'investissement dans un Bagster étanche.
Pas loin de 1800 bornes en 2 semaines cette fois, de la RP vers la Pointe du Cotentin, en repassant par les bords de Loire (ah, Sancerre, Pouilly), le Morvan, un passage en Limousin puis le retour en RP. Rien à redire, le dos se porte bien mieux, j'en ai beaucoup moins bavé que l'été 2017.

Juste trempé jusqu'aux os quand mon blouson, qui a maintenant 2 ans, a décidé de prendre l'eau. Et il y a eu une petite phase parano au début sur comment fixer le sac de selle avec tous les tendeurs, mais même à 160 ça ne bouge pas sur autoroute.

Sinon, le 80, c'est de la daube. J'en ai bavé le 2 juillet avec 400 bornes sur départementales et anciennes nationales.
ça va faire plus de dégât qu'autre chose.
Entre les PL qui se trainent à 65-70 sans élan et ceux qui restent à 95-105 et poussent les VL, ça craint... sans parler de l'usine à cash avec les bleus qui n'ont pas perdu de temps pour sortir les jumelles...
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