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Kronik : 24 Hours of Lemons

Acheter une trapanelle pas trop moisie à moins de 500 balles, enfiler son cuir et aller se fendre la poire

Marquez, Vinales et leurs potes m'ennuient. Non pas qu'ils soient de mauvais bougres -je suis sûr que dans la vraie vie, ce sont des types épatants. Mais voilà : ils se prennent au sérieux. Les nouilles. Heureusement, il y a les 24 Hours of Lemons.

Kronik : 24 Hours of Lemons

La compétition ne fait pas que m'ennuyer : elle m'agace parce qu'elle se prend au sérieux. Personne ne met de coussin péteur sur la chaise de Bollé ou de Vito Ippolito lors de la conférence de presse annuelle. Imagine la consternation si un pilote de Motogépé se pointait en piste avec sa pit-bike juste pour rigoler un coup. Il serait contraint de prendre une mine triste à la TV en jurant que jamais, plus jamais, gna-gna-gna.

Heureusement, au-delà des clôtures de leur monde de friqués laborieux, il existe des épreuves comme les 24 Hours of Lemons. Les règles sont simples : ta caisse doit avoir coûté 500 dollars maximum, équipements de sécurité mis à part et c'est parti. Si tu te pointes avec une caisse qui a un peu trop l'air de coûter plus de 500 dollars, tu écopes d'un tour de pénalité par dollar au-dessus de la limite, à l'appréciation du juge. Tu peux tenter de le corrompre en lui offrant de la bouffe ou des trucs à boire, mais ya rien d'assuré. De toute façon, l'organisation sait que ceux qui trichent bouclent rarement plus de deux tours avant d'exploser le moteur de la bagnole qu'ils imaginaient déjà en haut du podium.

Il est fortement recommandé de ne pas arriver seulement avec une voiture, mais avec un concept. Genre une réplique de la Batmobile -avec mécanos déguisés en Robin. Avec un chasseur TIE en carton et polystyrène sur le toit. Ou transformée en ode au génie d'un Kim-Jong quelconque, avec des hauts-parleurs vomissant des marches militaires à plein tube pendant la course. Ou encastrée dans une caravane. Ou avec un poulailler à l'arrière.

Côté pénalités, ça a autrement plus de classe que les drames prout-prout de la F1 ou du Motogépé : les tricheurs finissent sanglés sur le toit de leur voiture et doivent parcourir le paddock avec un haut-parleur en avouant leurs fautes. Ou doivent réaliser devant les caméras une parodie de publicité automobile des années 80 (celle pour la Renault Fuego par exemple).

Ou reproduire au marqueur sur le capot de leur voiture le schéma de montage de ces carburateurs qui firent la gloire de l'industrie britannique dans les années 70.

Le classement ? Rien à foutre. Les vraies récompenses sont à chercher du côté des trophées accordés par l'organisation. Celui de la réparation la plus héroïque (genre faire 400 bornes pour aller chercher un nouveau moteur dans une casse avant de s'apercevoir que ce n'est pas le bon type, le monter quand même dans le châssis, adapter la transmission tant bien que mal et arriver à boucler un (seul) tour avant le drapeau à damiers), ou celui du plus retentissant échec (exploser son moteur dans le premier virage, passer tout le week-end à réparer, et... ne pas y arriver). Du coup, quand je vois sur le Coin-coin une annonce qui dit : "Peugeot 806 1.9 D fuite moteur dans l'état", je me dis que je tiens une potentielle bête de course.

S'il y avait la même chose en bécane, que ferais-tu ? Rester devant ta téloche à regarder Rossi et ses potes ? Ou acheter sur le Coin-coin une trapanelle pas trop moisie à moins de 500 balles, enfiler ton cuir et aller te fendre la poire avec d'autre timbrés sans espoir de gagner quoi que ce soit ?

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