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Essai Triumph Street Triple S A2

Le turbulent roadster anglais dans sa version destinée aux jeunes permis

3 cylindres en ligne, 660 cm3, 48 chevaux à 11000 tr/mn, 60 Nm à 5100 tr/mn, 168 kilos à sec, à partir de 8700 €

Si vous vous mettez à la moto, vous ne pourrez pas y échapper : le permis A2 pour tous, c'est pour votre sécurité. La chance que vous avez, c'est que l'éventail de machines A2 est de plus en plus large. Du vieux tromblon d'occasion genre Suzuki GS 500 qui a déjà fait plusieurs tours de compteur, en passant par une Harley-Davidson de 1750 cm3, il y a de quoi se faire plaisir. C'est sans compter une large gamme de machines dédiées, qui constituent un bloc de plus en plus consistant, avec par exemple une Husqvarna 401 Viptilen, une Royal Enfield 410 Himalayan, une BMW G 310 GS ou une Kawasaki 400 Ninja.

Malgré tout, certains veulent commencer directement par la famille qui séduit les plus de motards : les gros roadsters. C'est ainsi que, à l'instar de Kawasaki qui a développé une version A2 de son roadster fétiche, la Z 900, Triumph vient de décliner son turbulent roadster, la Street Triple, dans une version A2 également.

Essai de la Triumph Street Triple S A2

La Street Triple est une machine essentielle au sein de la gamme du constructeur anglais. Lancée en 2007, peaufinée d'une version R en 2011, restylée une première fois en 2013, la Street Triple a permis à Triumph, au début de sa carrière, d'entrer dans le top 10 des ventes en France.

En 2017, la Street Triple a de nouveau évolué : de nouvelles versions ont enrichi l'offre, telles la R et la RS, bien affûtée et son moteur a évolué pour cuber désormais 765 cm3, allant jusqu'à sortir 123 chevaux dans la version RS. A côté de cela, Triumph a également une version d'accès : la S qui, attention, ça se complique, existe dans une version standard (113 chevaux, 765 cm3) et une version bridée pour les permis A2 et dont le moteur ne cube alors que 660 cm3. Pourquoi se compliquer la vie et ne pas avoir tout simplement repris l'ancien bloc de 675 cm3 des anciennes Street Triple et Daytona ? Tout simplement parce que cette machine a une vocation mondiale et qu'en Australie et en Nouvelle-Zélande, les débutants n'ont pas le droit de transporter un passager ni de conduire une moto dont la cylindrée excède 660 cm3. Triumph a procédé en changeant un peu les cotes des pistons : on est passé de 74 x 52.3 mm à 76 x 48,5 mm pour cette 660.

Notons enfin que les motos arrivent directement chez le concessionnaire bridées à 48 chevaux. Au bout de vos deux ans de période probatoire, le concessionnaire la remet en version 95 chevaux : il s'agit d'une petite opération sur le boîtier électronique et sur la poignée de gaz, qui vous sera facturée une petite centaine d'euros.

Découverte

A2 peut-être, mais au rabais, certainement pas ! Toute bridée qu'elle est et même dans cette version de base S qui ne possède pas les suspensions et les freins haut des gammes des autres versions, notre Street Triple (façon Jeanne Mas, disponible en rouge ou noir, cette teinte demandant un supplément de 125 euros), a une sacré allure et il est évident que la première fierté du motard débutant, ce sera de s'afficher à son guidon. Ce qui revient à admettre qu'il existe, parfois, une petite part de narcissisme entrant dans la composante du plaisir motocycliste !

Phares avant de la Triumph Street Triple S A2

L'air de famille avec la Street des origines et les Speed Triple, plus cossues, est bien là : entre la petite coque arrière, la finesse d'ensemble, le double optique caractéristique (qui intègre des veilleuses à LEDs), cette Street Triple en impose. Certes, les R et RS vont encore plus loin avec un tableau de bord digital et un équipement plus complet, de gros freins radiaux, un petit sabot moteur sur la RS et des flancs de selle de couleur contrastée sur les deux, mais ce n'est pas pour cela que l'on se sent lésé.

Feu arrière de la Triumph Street Triple S A2

Le tableau de bord illustre parfaitement cet état de faits : certes, ce n'est pas la nouvelle unité TFT couleur que l'on voit sur les dernières générations de Triumph, des Tiger 1200 aux dernières Speed Triple RS. Néanmoins, il est lisible et bien organisé, avec son gros compte-tours et son pavé digital sur la gauche.

Compteur de la Triumph Street Triple S A2

En selle

Certes, la selle culmine à 810 mm mais la machine est fine et surtout, bien légère avec ses 168 kilos à sec. Du coup, la prise en mains paraît plutôt évidente et il y a fort à parier que des débutants se sentiront rapidement à l'aise à son bord. La position de conduite est un tantinet basculée sur l'avant, mais sans excès.

Le réservoir de la Triumph Street Triple S A2

Comme d'habitude chez Triumph, le démarrage se fait en tenant l'embrayage, par sécurité. Toute A2 qu'elle soit, la Street Triple S possède deux cartographies moteur, que l'on sélectionne au commodo gauche d'une touche sur le bouton "mode", situé en-dessous d'un autre bouton important, marque "i" et qui permet de faire défiler les informations au tableau de bord (trips, consommation moyenne etc). On note également la présence d'un indicateur de rapport engagé, d'une jauge à essence ainsi que de température d'eau et même un shiftlight programmable... dont on se servira assez peu en A2, autant vous prévenir.

Commodos de la Triumph Street Triple S A2

Moteur et transmission

Les logiques mathématiques sont respectées : un moteur bridé de la moitié de sa puissance, cela donne un compte-tours où il ne sert quasiment à rien d'aller exploiter la seconde moitié. Alors que la zone rouge est située un peu au-dessus de 12000 tr/mn, on va dire que la moto a quasiment tout donné à 6000 tr/mn. Si l'on cherche un peu à gagner de l'allonge, on peut pousser jusque 8000 tr/mn, mais la montée en régime se fait laborieuse et le gain de puissance est minime.

Le moteur 3 cylindres de la Triumph Street Triple S A2

Que voulez-vous : c'est l'esprit du A2 ! En tous cas, on apprécie la bonne disponibilité du moteur à bas régime, son couple instantanément disponible. Jusque dans la première moitié du compte-tours, on ne se rend pas compte du bridage, qui arrive certes brutalement au-dessus de 6000 tr/mn. Et puis, il y a ce grondement sourd du trois cylindres, quand on ouvre en grand, toujours aussi sympa à écouter.

La boîte de vitesse à 6 rapports est rapide et précise, bien qu'un peu "sèche" dans son maniement, parfois ; bon, il est vrai que notre moto d'essai était à peine pas trop rodée, donc ça peut s'améliorer avec le temps. Par contre, comme toujours sur les Street Triple, la transmission tire assez court et comme le moteur est volontaire dès les plus régimes, cela permet de ne pas changer souvent de rapport.

Le silencieux de la Triumph Street Triple S A2

Enfin, on note la présence d'une cartographie "road" et "rain" : on a essayé ce mode "pluie" (mais sur le sec). Bon, ça lui coupe vraiment la chique au point de trouver qu'il manque un peu de jus pour se sentir totalement en sécurité dans le trafic, avec une réponse de lémurien à l'accélérateur. Donc, en 48 chevaux, le mode "pluie", bof, mais en version full, dans deux ans, ça peut être plus judicieux.

En ville

Qu'il est souple, ce trois cylindres ! On peut rouler sur les grands boulevards à 50 km/h et rester en sixième (2500 tr/mn), ce qui est de bon augure pour les traversées de village en mode balade. Côté rayon de braquage, on a vu pire et la finesse d'ensemble permet de se faufiler facilement entre les rangées de voitures, si cela est votre quotidien. Et en plus, il y a des warnings ! Bref, si la Street Triple ne peut pas lutter avec un scooter, elle s'en sort quand même magistralement bien !

Triumph Street Triple S A2 en ville

Sur autoroute et grandes routes

Malgré sa puissance limitée, vous pourrez cependant contribuer au redressement des comptes publics en vous faisant flasher sur autoroute ! Avouez que c'est une super bonne nouvelle, non ? On a testé pour vous sur une portion d'autoroute allemande juste un peu après Charenton, la Street Triple S A2 prend facilement un bon 160 km/h compteur et peut même frôler les 170 km/h avec le nez dans le guidon et un bras sur le té de fourche, à l'ancienne ! Intéressant à savoir si vous comptez traverser l'Allemagne en mode express, ou vous entraîner sur un circuit privé.

Excellente tenue de route

Pour le reste, un roadster turbulent n'a jamais fait une grande routière, mais la Street Triple s'en sort honorablement, dans les limites du genre évidemment. A 130 km/h, son moteur tourne dans les environs des 6000 tr/mn, sans vibrations. La selle est un poil ferme au bout d'un moment et la position un rien sur l'avant, on l'a déjà mentionné, aide à courber un peu l'échine. Évidemment, vu les vitesses atteintes, on ne se pose pas la question de la stabilité !

Sur départementales

Et voici une autre bonne nouvelle : la Triumph Street Triple S A2 est une vraie moto et une vraie bonne moto. Avec sa finesse, sa légèreté, sa partie cycle efficace et équilibrée, on se fait plaisir à son guidon dès le premier virage, d'autant que Triumph a eu la délicatesse de doter sa machine de bons pneus (des Pirelli Diablo Rosso Corsa, contrairement à d'autres marques qui mettent des pneus médiocres sur leur machine vedette, suivez mon regard). Du coup : adhérence et précision, soit les deux mamelles du plaisir motocycliste, sont au programme.

 Triumph Street Triple S A2

Certes, avec 48 chevaux seulement, on aura de toute évidence à commencer ses gammes en adoptant une conduite coulée. Mais il n'empêche que le plaisir sera au rendez-vous. En mode plus balade, ce qui compte alors, c'est toujours la légèreté de la machine ou la bonne disponibilité du moteur dès les plus bas régimes. Par contre, le confort de suspensions sera quand même assez sec...

Partie-cycle

La Street Triple S, A2 ou pas, fait comme ses sœurs de gamme, ses emplettes chez Showa, mais ne se fournit pas dans le même rayon, forcément. Ainsi, la fourche n'est pas réglable (elle l'est sur la R et c'est carrément la BPF sur la RS), tandis que l'amortisseur arrière est réglable en précontrainte (entièrement réglable sur la R et c'est carrément un Öhlins STX 40 qui équipe la RS). Le débattement de ces suspensions est de 110 mm à l'avant et de 124 mm à l'arrière.

Partie cycle saine

Freins

Disque de 310 mm devant et de 220 mm derrière. Par contre, l'arrière est pincé par un étrier Brembo et l'avant par deux étriers Nissin. Là-dessus, on pourrait trouver que le système manque un peu de mordant, même si l'on est d'accord pour entendre qu'un tout nouveau permis A2 ne dispose pas d'une tendance spontanée à freiner comme un trappeur (si l'un d'entre-vous connait l'origine de cette expression, qu'il ne se prive pas d'envoyer un mail à la rédaction, merci !). Il n'empêche, la qualité du châssis fait que l'on aurait envie parfois d'une conduite à un rythme un peu plus enlevé..

Frein avant de la Triumph Street Triple S A2

L'ABS est déconnectable, mais son fonctionnement ne s'est pas du tout montré sensible lors de notre essai.

Confort et duo

Un A2, souvent, c'est jeune et dans ce cas la fermeté d'ensemble (selle et suspensions) ne lui paraîtra pas rédhibitoire. Il n'empêche, c'est un peu ferme. Et un A2, parfois, c'est plus âgé et si le confort douillet fait partie de ses aspirations, permettons-nous de l'orienter alors sur une Tiger 800.

Selles de la Triumph Street Triple S A2

Quant à l'éventuelle Géraldine, elle devra être souple et motivée. Des petites encoches dans les flancs de selle font office de micro aspérités pour se maintenir. Bon, après, ce n'est pas pire que sur tous les autres roadsters à tendance sportive et on connaît bon nombre de motards et motardes qui s'en accommodent très bien.

Consommation & autonomie

Avec 17,4 litres dans le réservoir et une consommation moyenne de 5,7 l/100 enregistrée lors de notre essai, la Street Triple S A2 autorise donc largement 250 kilomètres d'autonomie, ce qui n'est pas mal dans le genre. Avec une jauge à essence et un témoin de réserve doublé d'un indicateur du kilométrage restant, la panne sèche permettra de distinguer les gros teubés des autres. On note enfin que la réserve s'allume quand il reste 60 kilomètres d'autonomie et qu'elle reste optimiste car j'ai refait un plein alors qu'il n'y avait plus, en théorie, que 39 kilomètres à faire avant de pousser les 168 kilos (vraiment !) à sec, mais qu'en fait il restait malgré tout 4 litres dans le réservoir.

Le réservoir de 17,4 litres permet plus de 250 km d'autonomie

Conclusion

Parmi les "gros" roadsters accessibles aux permis A2, on est tenté de faire un parallèle entre la Kawasaki Z 900 et cette Triumph Street Triple, pour dire que l'anglaise s'en sort mieux car elle est moins frustrante dans son comportement moteur. En usage normal, la bonne volonté du trois cylindres fait qu'on arrive presque (j'ai dit : presque) à oublier qu'on est sur une moto bridée, alors que sur la Kawa, on sent en permanence qu'il manque quelque chose. Après, dans les deux cas, n'avoir que la moitié du potentiel est forcément un peu frustrant dès que l'on a envie de se faire un peu plaisir au guidon, même si l'on comprend bien la visée pédagogique de la chose. Ce qui revient à se poser la question de savoir s'il faut opter pour une "vraie" A2, qui fait naturellement une quarantaine de chevaux et utiliser tout son potentiel...

Cela dit, le choix d'une "grosse" telle la Street Triple revient aussi à s'engager sur le long terme. Car dans deux ans, vous retrouverez une moto avec tout son potentiel. De quoi alors exploiter cet excellent châssis, savourer sa légèreté, apprécier le fait d'avoir de bons pneus d'origine (qui auront peut-être été changés) et déguster son moteur qui, enfin, révèlera toute l'allonge et l'explosivité dont il est capable. Tout cela sans s'embêter à devoir changer de moto, revendre sa petite A2, tout ça. Bref, une Street Triple S, ça se déguste pleinement maintenant et surtout plus tard...

La Triumph Street Triple S A2

Points forts

  • Look sympa
  • Moteur souple
  • Poids léger
  • Châssis équilibré
  • Tenue de route
  • Équipement (cartographies, warnings, odb...)
  • Facilité de prise en mains

Points faibles

  • Confort ferme
  • Frein avant qui manque de mordant
  • Duo réservé aux couples fusionnels

La fiche technique de la Triumph Street Triple S A2

Conditions d’essais

  • Itinéraire: dix jours d'utilisation sur Paris et sa région
  • Kilométrage de la moto : 100 km
  • Problème rencontré : aucun

La concurrence : Aprilia Shiver 900 A2, Ducati Monster 821 A2, Kawasaki Z 900 A2, KTM 790 Duke

L'essai vidéo de la Triumph Street Triple S A2

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