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Essai Aprilia Shiver 900 A2

V-Twin à 90° de 896,1 cm3 délivrant 95,2 ch et 90 Nm, compatible A2

C'est la compétition qui a marqué les esprits quand on parle d'Aprilia, qui cumule pas loin de 54 titres mondiaux. On pense donc plutôt à la RSV4. Mais la marque a pourtant plein d'autres modèles qui ont un intérêt plus qu'anecdotique parce qu'il y a de vraies bonnes machines, la Tuono naturellement directement issue de la sportive mais aussi la Dorsoduro, une pousse au crime et avec un vraie personnalité voire des coups de cœur parmi les essayeurs comme la Caponord. La Mana850 a ses adeptes et serait même un peu recherchée aujourd'hui même si le modèle a été un bide au niveau commercial malgré ses qualités. Et puis il y a la Shiver, d'abord 750 lors de sa sortie en 2007 et Shiver 900 avec le passage à l'Euro4. Mais surtout Aprilia décline son roadster en version permis A2 en faisant l'une des machines les plus grosses en cylindrée et couple pour les permis A2. Du coup que donne une moto castrée en A2? Essai comparatif des deux modèles lors d'une escapade autour des châteaux de la Loire.

Aprilia Shiver 900 en version argent

Découverte

La Shiver est un peu à part dans la catégorie, loin des versions Manga ou néo rétro, mais avec son style bien à elle. C'est un bon gros roadster, élancé, avec sa personnalité et ses détails esthétiques comme les fausses prises d'air à l'avant ou encore son double échappement passant sous la selle à l'arrière.

Partie cycle Aprilia Shiver 900

Double échappement sous la selle Aprilia Shiver 900 A2

Forcément, depuis la 750, la moto s'est modernisée avec un contrôle de traction et un ABS déconnectable s'il vous plaît en plus du ride by wire. On a désormais un écran TFT, ici en 4,3", avec toutes les infos et plus encore, au sein duquel il est parfois un peu fastidieux de se déplacer. Naturellement tout y est, indicateur de rapport engagé, température, double trip partiel, horloge, totalisateur, consommation moyenne, vitesse moyenne et maximale... mais par contre pas de jauge à essence. Le tout est bien fini, avec pas de câble apparent, des plastiques de qualité et ce cadre ainsi que la culasse peints en rouge.

Tableau de bord TFT de 4

Et alors quelles différences entre la version standard et A2 ? Et bien extérieurement aucune, pas même au niveau des coloris ou des pneus ! Les concessionnaires sont en effet livrés avec des versions standards et les passent en A2 si nécessaire. Il s'agit grosso modo de changer la cartographie, via la valise, une opération qui prend environ trois quart d'heures et facturée environ 90 euros et qui ne comprend pas les frais de carte grise. D'ailleurs, le petit conseil du motard futé, si vous achetez une A2 et souhaitez la passer en standard, ne vous précipitez pour faire changer la carte grise ! Faites d'abord faire la modification par le concessionnaire, puis changez la carte grise, ce qui vous évitera sinon de payer deux fois, puisque le passage A2 standard demande de toute manière de changer la carte grise.

Technique

Au sein du cadre treillis de la Shiver on trouve un bon gros bicylindre de 896 cm3 délivrant 70 kW (95 chevaux) et 9,17 kgm (90 Nm) à 6.500 tours/minute. Oui, on parle bien d'un bicylindre, en V à 90° comme sur la RSV4. De quoi donner du caractère par rapport aux quatres cylindres, un caractère modulable en fonction des trois modes Sport, Touring et Rain.

Bicylindre en V à 90° longitudinal, 4 temps

Et un caractère modifié en version A2 uniquement par une modification de la cartographie d'injection.

Mais si vous voulez en savoir plus sur la technique du roadster, on vous invite à lire le dossier technique dédié à la Shiver.

En selle

810 mm ! Ce pourrait presque être un trail. Ce n'est pas inabordable mais c'est haut. Du coup, le pilote d1,70 mettra tout juste le bout des deux pieds à terre. C'est juste mais ça passe vu l'équilibre global de la machine. Et la passagère peut facilement grimper sur le repose pied arrière sans faire tomber tout le monde. Un passager devra faire un peu plus attention. Pour moi qui n'aime pas prendre de passager quand je suis sur un trail, pas de souci avec la Shiver qui se rapproche beaucoup plus d'un roadster.

Selle biplace

Les mains tombent naturellement sur le guidon, large et le buste s'incline sensiblement vers l'avant sans être droit comme sur un trail. La position est naturelle et même les plus grands s'y sentiront bien.

Maniabilité mais rayon de braquage réduit en ville

Les jambes enserrent ensuite parfaitement le réservoir sans angle saillant. Les rétroviseurs enfin offrent une bonne vision et surtout se règlent facilement, même en roulant.

En ville

Gaz ! On ne sent pas le contrôle de traction entrer en action sur le sec. Il faut dire quel les Pirelli Angel font un excellent boulot et procurent un grip réconfortant. À noter d'ailleurs que la Shiver est chaussée au hasard avec des Angels GT ou ST. Le profil ST donnant une impression de précision supérieure mais le GT plus rond étant un peu plus maniable. Le 900 a une sacrée patate. Par rapport à la 750, on a une machine plus stable par contre, même chargée en duo et qui n'allège pas de l'avant. Forcément, la A2 est un peu moins vive pour prendre ses tours et paraît du coup plus douce, mais pas anémique, loin s'en faut. On a le surplus de couple d'une 900 et le caractère d'un bicylindre sans avoir l'impression de castration. Le travail a été bien fait et c'est une bonne surprise. La seule chose qui ne change pas entre les deux modèles, c'est le rayon de braquage avec un guidon tout de suite en butée. Du coup les demi-tours sont un peu fastidieux et il faut s'y reprendre à plusieurs fois sur une départementale. Par contre, le moteur est particulièrement souple, acceptant d'enrouler sous les 2.000 tr/mn sur le dernier rapport, sous les 50 km/h. Et ça ne cogne même pratiquement pas à la remise des gaz. On en oublierait même qu'il s'agit d'un bicylindre.

Aprilia Shiver 900 sur route

La boite de vitesse est facile enfin.

Sur autoroute

La Shiver décolle sur autoroute en étant seulement à 5.000 tr/mn au 130 km/h de rigueur. Si la A2 n'est pas aussi dynamique, elle accepte même de prendre 170 km/h (sur autoroute allemande uniquement). Mais ce n'est pas la sécurité qui est en jeu pour prendre de telles vitesses illicites en France, mais l'absence totale de protection qui fera déjà lutter contre le vent à 130 km/h. À ces vitesses et même très largement au-dessus, la Shiver est un rail, y compris lors des dépassements.

Essai Aprilia Shiver 900 sur autoroute

Sur départementales

La Shiver retrouve avec plaisir les départementales, d'autant plus que le moteur reprend à tous les régimes et accepte une large plage d'utilisation entre 2.000 et 8.000 tr/min sans rechigner. Certes à 2.000 tr/mn, on sera plus en mode balade, mais on peut alors profiter du paysage, surtout en version A2, un peu à la peine pour les envolées lyriques dans les tours. Mais pour peu que l'on descende quelques rapports, les deux modèles se révèlent plaisants, le troisième rapport étant le rapport de prédilection sur toute petite route, permettant presque d'y rester tout le temps, tellement la troisième vous permet de perdre facilement son permis en étant déjà à des vitesses inavouables... et encore une fois y compris en Version A2.

La Shiver A2 n'est ici pas un poumon n'attendant que le débridage mais une bonne petite machine facile de prise en main, que l'on peut cravacher avec plaisir. Et ce qui est bien, c'est que la version A2 permet de se familiariser avec la machine. Comme la puissance arrive un peu plus doucement, de façon plus linéaire, on se sent à l'aise sans avoir l'impression de rouler au-dessus de ses pompes. Forcément, quand on passe alors à la version standard, on découvre une autre machine, plus puissante, plus joueuse, plus apte à prendre ses tours, avec laquelle on s'imagine immédiatement pouvoir faire une petite bourre entre amis, alors quel la version A2 se rapproche plus d'un vieux Bandit 600 sous les 8.000 tr/mn mais avec toute sa puissance non bridée.

Aprilia Shiver 900 sur départementale

Ce qui est bien, c'est la réactivité à la poignée droite même à 3.000 tr/mn, avec des envolées beaucoup plus lyriques dès 5.000 tr/min. Et il reste encore 3.000 tours pour faire exploser le bicylindre.

Freinage

Double disque flottants pétale Ø 320 mm, étriers 4 pistons à fixation radiale, durites aviation et ABS Continental à deux canaux... çà pose mais ce n'est pas juste que pour la galerie.Le feeling est excellent avec une énorme puissance du frein avant à tel point qu'en utilisation normale sur petite route, on peut freiner d'un doigt uniquement. Seul le frein arrière est un vague ralentisseur, utilisable en entrée de virage, pour ralentir doucement au feu rouge. Il mériterait quand même un peu plus d'efficacité, d'autant plus que la machine est équipée avec un ABS peu intrusif. Les deux version étant équipées de façon identique, le A2 n'a pas de réglage de freinage spécifique.

Double disque flottants pétale de 320 mm, étriers 4 pistons à fixation radiale, durites de frein tressées, ABS Continental à deux canaux

Confort duo

Si la selle est un peu dure au premier abord, l'amortissement gomme bien les défauts de la chaussée sans compromis sur la tenue de route. Une petite journée de roulage ne fatigue pas plus que cela, même menée à bon rythme. Le passager est un peu moins bien loti, même s'il dispose d'excellentes poignées de maintien bien disposées et avec une bonne position. La forme anguleuse des poignées par contre limitera leur utilisation sur la durée. La machine incitant à une conduite nerveuse ensuite induit une fatigue supplémentaire à l'arrière.

Duo en Aprilia Shiver 900

Consommation

L'ordinateur de bord indiquait 8 litres au cent. Il est précis car le calcul à la pompe lors du ravitaillement a donné les mêmes mesures. Il faut dire que l'utilisation un peu extrême lors de l'essai justifie ces résultats, qui devraient revenir aux consos constatées lors d'une utilisation plus normale à 6 litres au cent.

Réservoir de 15 litres, pour une conso entre 6l et 8l au cent,

Aprilia Shiver 900 sur nationale

Conclusion

La question de quelle machine après deux ans en A2 revient désormais tous les jours. Et bien, la Shiver résout à peu de frais cette délicate interrogation, étant capable de fournir une machine sympathique et dynamique pendant deux ans, sans voir l'impression d'avoir un poumon, tout en étant capable de se révéler pour seulement une centaine d'euros au bout de deux ans. Son esthétique consensuelle ne la fera pas on plus vieillir trop vite comme d'autres modèles pendant cette période. Bref, Shiver et Shiver A2, c'est presque la résolution de la quadrature du cercle pour une machine à à peine plus de 8.000 euros neuve et donc abordable dans la catégorie des grosses.

Points forts

  • souplesse moteur
  • confort
  • freinage avant
  • le prix

Points faibles

  • rayon de braquage
  • pas de jauge à essence
  • frein arrière

La fiche technique de la Shiver 900

Conditions d’essais

  • Itinéraire: petites routes variées + autoroutes interurbaines avec un peu de ville
  • Kilométrage de la moto : 300 km

L'essai vidéo de l'Aprilia Shiver 900 A2

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Commentaires

Aristoto

un moto qui sait tout faire... encore mieux en 900 parait-il. Si ma 750 part à la vente, la 900 pourrait être la prochaine.


28-04-2018 18:53 
Philmey57

8000 kms parcourus sur cette 900 Shiver, un vrai régal,vent, pluie, orages et soleil testés. La moto est saine, elle ronronne plutôt bien pour une petite conso. Aprilia a fait du bon boulot. Pour le look, on aime ou on n'aime pas, moi je l'ai adoptée après avoir essayé une MV Agusta Brutale et un 765 Streetriple Triumph... L'essayer, c'est adopter, vraiment. Une moto moderne...! Cool !

09-06-2018 19:32 
 

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