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Le Sénat s'attaque aux radars

Une quête de la rentabilité pas au goût des sénateurs

Implantations douteuses et redistribution aléatoire

Le Sénat s'attaque aux radarsLes radars automatiques sont très régulièrement pointés du doigt par les usagers de la route qui y voient de simples pompes à fric destinées à remplir les caisses de l'Etat avant d'agir réellement sur la sécurité routière. Mais si la thématique de "sécurité rentière" revient régulièrement sur la table, c'est rarement le Sénat qui en est à l'origine.

En effet, le rapporteur du budget de la sécurité routière à la commission des finances du Sénat Vincent Delahaye (UDI) a publié un rapport qui remet en cause l'implantation et l'efficacité de ces derniers sur le strict plan sécuritaire, en se livrant dans les colonnes du Figaro. Le rapport met ainsi en avant le fait que les radars sont plus installés sur autoroutes que sur le réseau secondaire où les accidents sont pourtant plus nombreux.

Un choix que le rapporteur explique par le fait qu'ils sont ici plus difficiles à vandaliser. Un argument qui trouve aussi écho au niveau géographique avec, par exemple, 6 fois moins de radars installés en Seine-Saint-Denis que dans les autres départements alors même que l'accidentalité n'est pas moins importante.

Je n'ai pas réussi à trouver une explication à ce sous-équipement. On ne peut qu'avancer une hypothèse comme la crainte du vandalisme. On mettrait moins de radars dans le 93 par peur de dégradations qui entraînent des réparations toujours coûteuses.

L'autre problème, c'est que si les radars ont activement participé à la baisse de la mortalité sur les routes, ils atteignent aujourd'hui une limite en terme d'impact qui se retrouve directement dans les chiffres de l'accidentalité. Alors que les recettes ont progressé de 11,6% en 2016, la mortalité a elle aussi poursuivi sa hausse.

Vincent Delahaye s'interroge ainsi sur l'entêtement des pouvoirs publics à maintenir ce cap sans s'intéresser aux autres facteurs d'insécurité routière, l'alcool en tête :

Mais il faut envisager une autre politique et s'attaquer à d'autres fléaux, comme l'alcool au volant. Or malgré le rôle important de l'alcool dans les accidents, les moyens ne sont pas engagés. Le gouvernement poursuit imperturbablement son action contre la vitesse.

A cela s'ajoute également le problème de la redistribution des recettes qui ne devrait servir qu'à financer l'entretien et l'amélioration des infrastructures routière, mais qui, selon la Cour des Comptes, n'entre pas dans ce cadre pour au moins 50%...

La politique du tout répressif sur la vitesse est une nouvelle fois pointée du doigt, par de hautes institutions qui plus est, mais il y a malheureusement peu de chance que le Ministère de l'Intérieur et la DSR décident subitement de changer leur façon faire. Pourquoi ? Eh bien parce que les recettes des radars et des infractions routières devraient rapporter 1,6 milliard d'euros cette année contre 920 millions l'année dernière.

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