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Le monocylindre : Eloge de la simplicité

A l’origine de la moto, il y avait le monocylindre, simple et compact. Monté dans des machines fines et légères, il a forgé la légende, avec des BSA Gold Star, des Norton Manx… et des Yamaha 500 XT … Mais au fil des années, les motards ont demandé plus à leurs montures et le mono a marqué le pas.

Le monocylindre et son piston

Course à l’armement

Cette culasse KTM 450 démontre à elle seule la compacité du monocylindre et explique sa légèreté.

La culasse d'un monocylindre KTM 450

L’évolution naturelle des motos modernes va vers plus de confort, plus de vitesse, plus de fiabilité. Des domaines qui ne sont pas l’apanage du mono. En effet, déséquilibré par nature et offrant une piètre régularité cyclique, il cogne fort à bas régime, ce qui lui vaut d’ailleurs son surnom de « Thumper », (cogneur dans la langue de Shakespeare). De plus, dans la quête de performances, le monocylindre marque le pas. Logique, car pour gagner de la puissance, on peut soit augmenter la cylindrée, soit le régime de rotation du moteur. Dans les deux cas, il avoue ses limites. Si l’on augmente la cylindrée, le piston devient plus gros, donc plus lourd. De fait les efforts d’inertie qui sont à l’origine de l’usure et des vibrations augmentent du même coup. Même problème si l’on cherche à atteindre des régimes élevés, car, les efforts d’inertie évoluant avec le carré du régime, on se retrouve confronté aux mêmes risques de casse, d’usure et de vibrations…. Le mono doit donc se limiter à des puissances moyennes, sans pouvoir prétendre à battre des records…. De fait sa dernière victoire en GP remonte à 1969. C’était une Norton Manx et la course se déroulait sous la pluie. Ensuite les multicylindres, 2 et 4 temps l’ont définitivement supplanté.

Après-guerre, les monocylindres anglais constituaient l’arme absolue pour les pilotes privés qui souhaitaient courir. Ils durent cependant changer de monture à la fin des années 60 face aux progrès du deux temps et des multicylindres. Ici une Matchless G 50 : Elle fut LA concurrente de la Norton Manx. Elle s’en distinguait par son moteur simple ACT.

Le monocylindre de la Matchless G 50

Yamaha réinvente le gromono

Je suis une légende. Moteur 2 soupapes simple ACT refroidi par air, démarrage au kick et freins à tambours. La 500 XT est aux antipodes du progrès, mais elle va faire un tabac. C’est à elle qu’ on doit le retour du gromono.

Le monocylindre de la 500 XT

Pourtant en 1976 Yamaha remet cette technologie au goût du jour en lui trouvant un écrin parfaitement adapté : Le trail. Coupleux, économe, plein de caractère, le monocylindre remporte un succès mondial sous les traits de la 500 XT. Bien vite la concurrence lui emboîte le pas et le phénomène prend une ampleur insoupçonnable avec le développement du Paris Dakar. Le trail monocylindre devient alors un symbole de liberté, d’aventure et d’évasion. Nous sommes à l’aube des années 80. Mais l’histoire trébuche quand BMW entre dans la course avec son célèbre flat twin. Malgré leurs efforts, cylindrée accrue, multiplication des soupapes, double ACT, etc, les monos ne pourrons tenir tête à la vague des multicylindres. Après avoir cédé la place sur l’asphalte, il s’incline sur les pistes sablonneuses. Définitivement mort ? Non sûrement pas, le monocylindre est un mécanique rustique qui supporte les mauvais traitements. Il va donc renaître de ses cendres, tel le Phoenix.

Dernier bastion, derniers bastons

Retour en grâce : l’application des technologies de course a permis aux monos de revenir en force et de s’imposer face aux 2 temps, au bénéfice d’une équivalence de cylindrée. Le TT reste l’unique endroit où l’on trouve encore des monocylindres Hi-Tech. Ici un moteur Yamaha 450 double ACT culasse inversée et injection.

moteur Yamaha 450 double ACT culasse inversée et injection

Désormais la seule alternative pour lui reste le tout-terrain pur et dur. Ici poids et compacité sont des qualités incontournables, supérieures à la puissance pure. Impossible de faire passer cent chevaux et plus sur un terrain boueux remplit de bosses. Impossible aussi de s’y débattre efficacement avec une machine proche de 200 kg. Ici le multicylindres n’a pas (encore) sa place. Mais jusqu’à une époque récente, le mono 4 temps ne pouvait lutter contre le 2 temps à cylindrée égale. Mais quand le durcissement des normes antipollution pousse le deux-temps vers la sortie (décidément, là aussi l’histoire se répète !), il s’impose. Au profit d’une équivalence de cylindrée 125 2 temps / 250 4 temps et 250 2 temps 450 4 temps, on voit naître une nouvelle race de monocylindres de moyenne cylindrée à la fois puissants, légers et performants. Cette nouvelle génération de monocylindre Hi-Tech ne s’en laisse pas compter. Double ACT, 4 soupapes en titane, refroidissement liquide, pistons forgés… Ils dépassent largement les 100 cv/L et supportent des régimes de l’ordre de 13000 tr/mn en 250 ! ! !
Cette race mutante, lorgne à nouveau vers le bitume grâce à la mode du supermotard, avec pour unique ambition de reconquérir le terrain cédé. Le mono est coriace !

Le constructeur Autrichien KTM reste le plus ardent défenseur du monocylindre sur route. Les performances et la fiabilité de ses 690 sont époustouflantes pour un mono. Ici un moteur 500 EXC.

moteur mono de la KTM 500 EXC

Encadré : Le 2 temps

Puissant compact, léger, simple le monocylindre 2 temps a connu ses heures de gloire en tout-terrain.

L’évolution récente des normes antipollution l’a un peu disqualifié, mais lui non plus n’a pas dit son dernier mot… Les pilotes de TT qui ont opté pour les moteurs à soupapes n’ont pas forcément intégré ni digéré le surcoût d’utilisation qui allait en découler. Moteurs plus complexes, tournant plus vite, nécessitant une maintenance plus régulière (contrôles des jeux aux soupapes, chaîne de distribution, forte usure des soupapes titane avec la poussière…). Tout cela coûte cher … Certains commencent à penser que finalement les cylindres à trous… Ce n’était pas si mal !

Plus d'infos sur la mécanique

Commentaires

froggyfr99

Merci pour cet exposé clair et concis.
Merci d'avoir cité la G50, la Manx.
Guidon Bestiole doit être ravi, là ou il est.
Celui qui n'a jamais roulé avec un gromono ne peut pas comprendre.

25-09-2016 19:45 
Nounours48

"Le petit GromonoFou est demandé à l'acceuil !"

Je répète "Le petit GromonoFou est demandé à l'acceuil !"

25-09-2016 21:16 
GromonoFou

Nounours > J'arrive, j'arrive ! C'est pas d'ma faute, je bossais...

bla bla rageur
Si, si !
Nanmého...
tire la langue



Citation
froggyfr99
Merci pour cet exposé clair et concis.
Merci d'avoir cité la G50, la Manx.
Guidon Bestiole doit être ravi, là ou il est.
Celui qui n'a jamais roulé avec un gromono ne peut pas comprendre.

--> Froggy > Dans mes bras, mon frère !
clin d'oeil

26-09-2016 16:43 
Berny

Sans oublier aussi: la "première" Guzzi Parodi, en 1920, un mono 500 ACT, horizontal, qui fut le début de la marque.sourire

27-09-2016 12:25 
Bronco

Citation
Berny
... Guzzi Parodie ...

Je le sentais...

27-09-2016 13:45 
Tec

Bonjour,
Le mono...
La version la plus ultime du moteur big-bang avant même l'invention du terme
Bonne journée

29-09-2016 20:12 
 

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