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Histoire de l'Afrique du Sud

Une domination blanche de plusieurs siècles

Un pays marqué par l'Apartheid

Rencontre entre les Hollandais et les Khoïkhoïs à la Montagne de laTableL'histoire écrite de l'Afrique du Sud débute avec l'arrivée des Européens au 15ème siècle. Avant cela, la région connait des migrations venant du nord du continent, principalement des peuples Bantous. Le premier royaume à voir le jour est le royaume de Mapungubwe au 10ème siècle. Ses richesses se basent principalement sur la vente d'ivoire et les échanges commerciaux avec l'Inde et la Chine.
En 1488, sous les ordres du roi du Portugal recherchant une route rapide pour atteindre les Indes, les premiers Européens longent les côtes africaines. C'est ainsi que naît le Cap de Bonne-Espérance. Les Portugais ne débarquent cependant pas tout de suite sur la côté, les Khoïkhoïs - peuple habitant la région depuis plusieurs millénaires - étant largement réfractaires à l'accostage de bateaux étrangers.

Les Néerlandais supplantent peu à peu le Portugal dans ses expéditions maritimes, mais n'arrivent pas non plus à établir de communication concrète avec les Khoïkhoïs. Ce n'est qu'en 1652 qu'ils s'installent provisoirement au pied de la Montagne de la Table afin de créer un comptoir de réapprovisionnement. Peu à peu, un contact s'établit et les premiers échanges commerciaux entre Hollandais et Khoïkhoïs s'établissent. Au fil des années, les premiers colons s'installent sous le titre de Burgher avec l'autorisation du gouvernement hollandais, au détriment des autochtones qui se voient lésés de leurs terres. Si les premières années la population blanche se limite à 134 personnes, le haut fonctionnaire Simon van der Stel se presse de transformer le Cap en colonie de peuplement. Entre 1679 et 1685, 1000 Européens arrivent dans la région, accompagnés d'esclaves originaires de Madagascar, d'Angola et de Java. Ils se voient attribuer des terres riches en alluvions pour y développer des vignes. C'est aussi en 1685 que la première loi raciale est érigée, avec l'interdiction pour les Blancs et les Indigènes de se marier.
En 1705, les colons se révoltent contre le gouvernement, qui décide de cesser l'immigration européenne dans le pays. Il s'applique à monopoliser les profits issus de la colonie et installe une administration répressive, ce qui pousse les habitants à s'éloigner des terres conquises : c'est ainsi que les Trekboers, qui ont inventé l'afrikaans, voient le jour. Ils fondent les villes de Swellendam et de Graaff-Reinet malgré la résistance de peuples autochtones vivant sur les territoires que les Trekboers envahissent peu à peu. Les Trekboers mènent des vies austères, sont profondément convaincus de la supériorité de la race blanche et extrêmement religieux.

L'arrivée des Britanniques et la résistance boers

Les Zoulous attaquent les BoersL'Angleterre pose ses valises au cap de Bonne-Espérance à la fin du 18ème siècle. Malgré la résistance des habitants, la région est annexée au royaume anglais en 1814. Des sociétés missionnaires sont envoyées pour convertir la population à l'anglicanisme. Elles entreprennent des actions favorables aux peuples autochtones, comme la fin du commerce d'esclaves partout dans le royaume, la possibilité pour les Khoïkhoïs et les esclaves de déposer plainte contre leurs employeurs. Ces mesures déplaisent fortement aux Boers, qui se sentent lésés. Des manifestations vont mener jusqu'à la condamnation à mort de cinq d'entre eux et lancer un mouvement anticolonialiste. L'Angleterre continue l'anglicisation du Cap, l'administration est gérée en anglais, le néerlandais perd son statut de langue officielle, l'esclavage est aboli.

Parallèlement, hors des territoires anglais, se déroule l'expansion d'un royaume zoulou avec le roi Shaka à sa tête. Tyrannique et sanguinaire, il s'applique durant plusieurs années à conquérir un immense territoire tout en pratiquant un eugénisme systématique. Si la puissance de son empire est indéniable, sa façon de diriger le mène à sa perte, ainsi qu'à la déstabilisation de la région. C'est ainsi qu'est proclamée l'abolition de l'esclavage.

Cap, les fermiers et Boers décident de s'avancer sur les territoires zoulous pour échapper aux lois anglaises. C'est ce qu'on appelle le Grand Trek. Les premières expéditions sont des catastrophes, les Boers mourant de maladies ou tués par les tribus indigènes. Après le massacre de 70 Boers, initié par le roi des Zoulous succédant à Shaka, les survivants s'organisent pour se venger : ils tuent plus de 10 000 guerriers zoulous. Ils s'installent dans la capitale zouloue et créent la république de Natalia, qui est rapidement annexée par l'Angleterre.
Par la suite, les Boers tentent à de nombreuses reprises d'instaurer une république à leur nom, mais trouvent résistance soit de la part des tribus autochtones, soit des Britanniques. Les guerres entre les trois parties ne cessent de s'enclencher tout le 19ème siècle, jusqu'à mener à la première guerre des Boers, dont ces derniers sortent victorieux. Paul Kruger devient le premier président de la République sud-africaine et soutient le magnat des mines Cecil Rhodes dans sa candidature au poste de premier ministre de la colonie du Cap.
Une paix relative règne jusqu'au milieu des années 1890. En 1895, des colons britanniques tentent de renverser Paul Kruger, sans succès. Le 12 octobre 1899, la guerre est déclarée. Celle-ci va être destructrice pour les Boers, qui vont perdre leurs terres, être emprisonnés dans des camps de concentration et voir près de 50 000 des leurs mourir.

L'ère de l'Apartheid

Le gouvernement Malan, premier parti nationaliste au pouvoirEn 1910, le Parlement britannique annonce la création d'un Etat indépendant d'Afrique du Sud. La constitution favorise les Afrikaners et divise le pays en quatre régions où les noirs et les métis sont considérés comme des citoyens de seconde zone. A partir de cette date, les Boers s'attèlent à conquérir le pouvoir politique. Au fil des années, l'afrikaans devient langue officielle au côté de l'anglais, les métiers réservés aux blancs deviennent plus nombreux. Malgré la création du Congrès National des Natifs Sud-Africains et l'Industrial and Commercial Union (ICU), le syndicat des ouvriers noirs, les droits des noirs n'avancent pas. Après la crise économique des années 1930, la situation économique du pays est en déclin, le nationalisme afrikaner s'intensifie.
L'Afrique du Sud rentre en guerre aux côtés du Royaume-Uni en 1939. Cette union permet aux Alliés d'expulser les Italiens d'Ethiopie et des troupes sud-africaines sont envoyées en Europe. Cette implication soulève de nombreuses protestations, que ce soit de la part des Afrikaners pronazis ou des noirs hostiles au capitalisme, à l'impérialisme britannique et au colonialisme.

Jan Smuts, le Premier Ministre, sort victorieux de la guerre. Malgré la situation économique rétablie, il perd les élections de 1948 à la surprise générale. C'est le Parti afrikaner qui l'emporte, avec à sa tête Daniel François Malan. La suprématie blanche devient la première priorité du gouvernement. L'apartheid s'installe peu à peu, avec l'instauration de la loi d'habitation séparée, la loi d'immoralité et la loi de classification de la population en 1950. Les noirs sont évincés de quartiers entiers et obligés à vivre dans des townships en périphérie des villes. Le Congrès National Africain (ANC), dont est membre Nelson Mandela, s'organise peu à peu et s'associe au Parti communiste. A la suite d'un rassemblement de protestation et une campagne nationale, le gouvernement fait passer des lois interdisant les rassemblements et les manifestations politiques. L'ANC gagne grâce à ces lois restrictives plus de 93 000 membres. L'organisation met en place une Charte de libertés, réclamant l'égalité pour tous quelle que soit la race, qui est signée par plus d'un million de personnes. Les principaux instigateurs Albert Luthuli, Oliver Tambo, Walter Sisulu et Nelson Mandela sont arrêtés, puis relaxés. L'Afrique du Sud fait la une des journaux internationaux, pointée du doigt pour sa politique répressive et les nombreuses morts causé par les forces de l'ordre. Pour endiguer les protestations, le gouvernement interdit les mouvements de libérations.

N. Mandela à 19 ans, déjà membre de l'ANCNelson Mandela crée en 1960 l’Umkhonto we Sizwe afin d'organiser des campagnes de sabotage. Un an plus tard, la fondation d'une république est approuvée et la République d'Afrique du Sud est créée. Le suffrage universel n'est par contre pas adopté, alors que de plus en plus de voix s'élèvent contre l'apartheid. Des ouvrages, écrits par des intellectuels blancs, sont interdits. En 1964, les principaux chefs de l'ANC sont condamnés à la prison à vie pour haute trahison et complot envers l'État. Deux ans plus tard, Verwoerd, le premier ministre considéré comme "l'Architecte de l'Apartheid", est assassiné. Sa mort est suivie par la prise de pouvoir de John Vorster, qui va assouplir peu à peu les lois anti-noirs en les autorisant à de nouveau fréquenter certains lieux publics. Mais cet assouplissement est de courte durée : en 1976, le gouvernement tente d'imposer l'apprentissage de l'afrikaans aux écoliers noirs, créant un vif mouvement de protestation et entraîne les émeutes de Soweto où 1500 manifestants meurent.

Parallèlement, une guerre contre l'Angola est en cours depuis 10 ans. C'est en 1975 qu'elle s'intensifie, l'Afrique du Sud voulant s'assurer de l'instauration d'un gouvernement pro-occidental dans ce pays nouvellement indépendant. A la suite des massacres perpétrés lors des manifestations anti-apartheid, le pays est sanctionné et ne reçoit plus d'armes de l'étranger. Cette sanction les force à se retirer à la frontière.

En 1978, après la démission du Premier ministre Vorster, Pieter Botha prend sa place. Il met en place des politiques moins restrictives, autorisant notamment les métis et les Indiens à avoir une représentation au parlement, ouvrant les inscriptions d'étudiants noirs dans des facultés pour blancs. L'ANC renaît de ses cendres et proteste contre ces mesures ne s'appliquant pas aux noirs. Des campagnes de boycott, d'insurrection et de terreur sont lancées pendant plusieurs années. Ces manifestations sont meurtrières, avec plus de 879 tués en 1985 et 25 000 arrestations. L'état d'urgence est promulgué en 1986. Trois ans plus tard, le président Botha est congédié par son parti. Frederik de Klerk prend sa place et s'applique dès son année de prise de pouvoir à réautoriser les manifestations interraciales, met en place l'ouverture de certains quartiers aux noirs, lève l'interdiction contre l'ANC, le Parti communiste est le congrès panafricain, interdit la censure, suspend la peine capitale et libère les derniers prisonniers politiques dont Nelson Mandela. A partir de 1990, ce dernier participe à l'élaboration d'une nouvelle constitution transitoire, aidé par ses alliés de longue date. En 1991, les dernières lois apartheid sont abrogées. Si une partie des blancs s'oppose farouchement à ces décisions, le référendum de 1992 est décisif : le "oui" aux réformes l’emporte massivement. Les tourments ne sont pas pour autant terminés et l'instabilité règne deux années de plus avant que Nelson Mandela ne soit élu Président.

Le Président Mandela et l'Afrique du Sud actuelle

Le premier objectif du gouvernement est d'instaurer un climat de paix après tant d'années de conflits meurtriers. La Commission de la vérité et de la réconciliation est créée en 1996 et offre l'amnistie aux criminels avouant leurs fautes. D'un point de vue économique, le pays a du mal à se relever. Mais le gouvernement s'active à mettre en place une politique de réintégration de la population noire, créant un million d'habitations à bas coût pour abriter près de la moitié de la population sans domicile et mettant en place la discrimination positive. Une classe moyenne noire voit le jour, alors que près d'un million de blancs quittent le pays.
Depuis, l'ANC est toujours au pouvoir. Des tensions subsistent toujours, alors que l'Afrique du Sud est aujourd'hui encore l'un des pays avec le plus haut taux de criminalité au monde, ainsi que le plus haut taux d'incarcération. En zone rurale, de vives tensions raciales ont causées la mort de plus de 2 500 fermiers blancs, alors que des cas de maltraitances d'ouvriers noirs par des employeurs blancs sont souvent rapportés.

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