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Essai comparatif Harley-Davidson Sportster 1200 Forty-Eight Special & Iron

Deux visions assez proches de la moto cool et décontractée

V2, 1202 cm3, 66 ch, 98 Nm, 248 kilos, à partir de 11290 €

Mille-neuf-cent-cinquante-sept : c’est l’année de naissance du Sportster et c’est à la fois la plus ancienne lignée du monde Harley-Davidson, seulement battue par la Royal Enfield Bullet, qui est là depuis plus longtemps encore. Le Sportster, c’est à la fois un mythe et la bonne à tout faire chez Harley-Davidson. Moto d’accès à l’univers de Milwaukee, parfaite pour les filles comme pour les jeunes permis, c’est aussi une machine qui se prête à la perfection à tout type de personnalisation, que ce soit dans l’univers dragster, custom, bobber ou café racer.

Comparo Harley-Davidson Sportster 1200 48 Special et Iron

C’est justement pour plaire à cette clientèle en quête de différentiation que Harley-Davidson présente deux « nouveautés » en ce printemps 2018. Nouveautés avec des guillemets car on est seulement sur de l’esthétique, sans différence majeure à la conduite.

Vue arrière Harley-Davidson Sportster 1200 Forty-Eight Special & Iron

Ainsi, au sein d’une gamme qui comptait déjà six versions différentes du Sportster, Harley-Davidson vient d’en ajouter deux autres : la Forty-Eight Special et l’Iron. Laquelle est la meilleure ? Laquelle choisir ? Réponse ci-dessous.

Découverte

On la connaît bien, la famille Sportster. Rien que ces derniers temps, Le Repaire vous a offert l’essai des dernières déclinaisons, le Roadster ainsi que la Forty-Eight et sa nouvelle selle et ses nouveaux amortisseurs.

Pas grand chose de nouveau sous le soleil, donc : le Sportster, c’est toujours une vision épurée de la moto. Un moteur, deux roues et basta. Basta pouvant être, en l’occurrence, synonyme de Freedom, car au guidon, c’est aussi ce que l’on ressent, avec une moto sans filtres, qui vous fait ressentir toutes les vibrations de son gros V2, toutes les aspérités de la route. Le Sportster, c’est un cheval de fer, à l’ancienne.

Harley-Davidson Sportster 1200 Forty-Eight Special

Minimaliste, certes, mais dense aussi : on a toujours du mal à croire qu’un engin aussi compact puisse peser 250 kilos, mais fort heureusement ils ne se ressentent pas du tout en action et pas beaucoup à l’arrêt.

Par rapport au Forty-Eight, la Special offre un guidon « Tallboy ». Et c’est tout ! Ah si, il y a les coloris, qui sont une réminiscence de la période historique de l’histoire de Harley-Davidson, correspondant à la tutelle AMF (American Machine Foundry) et les partenariats avec Aermacchi. Ces coloris, l’Iron en reprend également l’esprit et force est de constater que cela leur va bien. L’Iron dispose également d’un guidon « mini-ape hanger » et de repose-pieds en position centrale, contrairement à ceux de la Special qui sont en avant. L’Iron a aussi un petit capotage de phare, très à la mode sur la scène custom de la Côte Ouest américaine. On achève de les différencier avec la roue de 19 pouces sur l’Iron et ses petits soufflets de fourche et la roue avant de 16 pouces sur la Forty-Eight Special.

Harley-Davidson Sportster Iron 1200

Si la moto présente bien, on note toutefois des inégalités dans la finition, avec des câblages électriques disgracieux, en plus de ne pas être intégrés de la même façon d’une machine à l’autre… Enfin, plus généreuse en chromes, la Forty-Eight Special est aussi plus chère : à partir de 12.590 € contre 11.290 € pour l’Iron (en noir, comptez 200 € de plus pour les autres coloris dans les deux cas)

En selle

Avec sa roue avant de 16 pouces, la Forty-Eight Special est un peu plus basse de selle : 705 mm au lieu de 735. Par contre, il faut louer l’étroitesse de l’ensemble, avec un réservoir très fin en sa partie arrière. Du coup, on peut dire que le Sportster est une machine vraiment accessible à tous, quelle que soit sa version, qui permettra donc de bien poser les pieds à terre. Par contre, les repose-pieds en avant de la Special et le guidon qui est un poil (petit, le poil, mais tout de même) recourbé vers l’avant font que les grands gabarits se sentiront un peu moins à l’étroit que sur l’Iron.

Ensuite, c’est facile : le tableau de bord est confié à un simple compteur kilométrique, mais la fenêtre digitale héberge un petit ordinateur de bord actionné par un bouton au commodo gauche. C’est simple et efficace et cela permet de faire défiler les informations : deux trips, horloge, régime moteur et rapport engagé.

Moteur et transmission

On est dans de l’intemporel, ici : si la conception du Sportster remonte à 1957, il est évident que la machine a évolué. Néanmoins, la base mécanique des motos qui nous concernent aujourd’hui remonte à 1988 (une boîte 5 et la transmission finale par courroie date toutefois de 1991). Ensuite, le Sportster a vu son moteur monté souple en 2004 et l’injection arriver en 2007, l’ABS en 1994 et les normes Euro 4 récemment.

Moteur V2, 1202 cm3

Bref, on est dans de l’éprouvé et Harley ne vise pas avec ces machines une clientèle qui recherche avant tout de la performance. La puissance ressort à 66 chevaux à 6000 tr/mn et le couple à 96 Nm à 3500 tr/mn. La boîte reste à cinq rapports.

Le temps commence à être cruel pour ce 1200, surtout quand on sort d’un comparatif de modèles avec le moteur 107, les Road Glide et Street Glide, où le V2 est à la fois plus souple, plus rond et plus vif.

Bref, ce 1200 mérite d’être un poil libéré, ce qui ne fera de mal à personne à part, peut-être, aux oreilles de vos voisins. Et votre portefeuille, aussi.

En ville

Puisque l’on parle de la souplesse, on se retrouve sur les boulevards à 50 km/h à 1700 tr/mn en troisième et c’est vraiment le seuil de souplesse du gros V2. En ville, on apprécie le caractère moteur de cet engin et le bon sentiment d’allonge (en première à 2200 tr/mn, soit avec un micron de gaz au-dessus du régime de ralenti), on est déjà à 30 km/h.

Harley-Davidson Sportster 1200 Forty-Eight Special sur départementale

L’étroitesse de l’engin est évidemment un atout, tout comme le bon rayon de braquage. Enfin, le look « historique » garantira à coup sûr un vrai succès aux terrasses de café et autres épiceries bio. Sans oublier, bien évidemment, les barbiers et les grossistes en chemises à carreaux.

Dans ce contexte, laquelle choisir : disons que la roue de 16 pouces de la Forty-Eight Special la rend un poil plus vive et que la position de conduite avec bras et pieds plus en avant permet facilement de s’arc-bouter sur l’engin et conformément au traité de bonne conduite d’un custom, de la faire tourner d’un souple mouvement du bassin.

Bon, l’autre ne démérite pas non plus.

Harley-Davidson Sportster Iron 1200 sur départementale

Sur autoroute et grandes routes

A 130 km/h, le V2 tourne à près de 3600 tr/mn en cinquième et évidemment, il a de la ressource. Néanmoins entre la protection au vent, la selle qui devient vite dure et l’autonomie limitée, on comprendra vite que les grands voyages ne sont pas le graal de cette machine, même si l’on trouvera toujours des illuminés qui ont fait l’Iron Butt en Sportster.

Si l’autoroute n’est donc pas sa tasse de thé, elle fera quand même le job entre deux pauses essence… Et d’ailleurs, c’est quasiment égalité entre les deux.

Sur départementales

Là, c’est quoi le but ? La petite balade bucolique et contemplative ? Un retour aux sources sur une machine forte en sensations et dénuée de tout filtre ? Dans ce cas, cela fera l’affaire (on évitera cependant une traversée du Morvan de nuit, rapport à l’autonomie). Mais le V2 est suffisamment souple pour ronronner à 2500 tr/mn sur le dernier rapport à 90 km/h, on profite de ces sensations authentiques qui font que l’on n’est pas frustré de rouler à vitesse légale, on a le nez au vent, la moto est belle, on vit l’instant intensément. Tout va bien.

Harley-Davidson Iron 1200 sur route

Dans ce cadre, le Sportster assure. Sinon, il faut objectivement dire que c’est une vieille moto : son comportement, la rigueur de ses suspensions, sa garde au sol limitée (on est vite posé sur les pots à droite et je ne vous parle même pas du moment où l’on se tape une compression qui vous sort de la traj’), l’agrément du freinage est daté, le moteur n’aime pas trop prendre des tours. Bref, le Sportster ne résiste pas bien à une analyse rationnelle de la chose : mais ce n’est pas grave, car de la même façon que l’on trouve des fans de Porsche 911 qui pensent qu’une 3.2 ou même une 2.4 atmo, ce sera toujours mieux qu’une 991 moderne et qui d’ailleurs n’ont peut-être pas tout à fait tort, ils le disent pour la beauté de l’objet et l’authenticité des sensations.

Il n’empêche que lors de notre balade, sur de belles routes croates bien revêtues et bien sinueuses, on s’est tiré la traditionnelle bourre entre collègues et que c’était sympa aussi. Comme quoi.

Et d’ailleurs, laquelle est la mieux ? La Forty-Eight Special est un poil plus vive, l’Iron est un poil plus franche de l’avant. Mais vu le niveau moyen des prestations, vous ne devriez normalement pas accorder une grande importance à ce type d’analyse pour vous focuser sur d’autres aspects de la moto !

Harley-Davidson Sportster 1200 Forty-Eight Special sur route

Partie-cycle

Seul le train avant diffère sur ces motos, un pneu de 130/90 x 16 chaussant la Forty-Eight Special tandis que l’Iron s’en remet à un 100/90 x 16. A l’arrière, c’est du 150/80 x 16 pour les deux. Malgré les différences de roues avant, la géométrie est proche sur les deux machines, avec un angle de chasse de 30° sur l’Iron et de 30,2° sur la Special.

La fourche n’est pas réglable et les amortisseurs ont évolué récemment, sans toutefois offrir un confort ou une rigueur exceptionnelles. Bref, c’est du basique, mais c’est en phase avec la vocation de la moto.

Comparo Harley-Davidson Sportster 1200 Forty-Eight Special Iron

Freins

Simple disque avec deux pistons à l’avant comme à l’arrière et dans les deux cas. L’ABS est assez sensible à l’arrière, d’autant que les pneus Michelin Scorcher, s’ils font le boulot relativement correctement sur le sec, n’aiment pas l’humidité ni les bandes blanches. Sans avoir une puissance exceptionnelle ni un dosage d’un feeling méritant d’entrer dans l’histoire du doigté, le dispositif fait le boulot au vu de la vocation et des performances de la machine.

Freinage Harley-Davidson Sportster 1200

Confort & duo

Le confort est moyen, pour cause d’une position rapidement éprouvante quand on taille de la borne ou que l’on se met à rouler vite. Ce qui, on le sait, n’est pas la vocation des Sportster, que l’on retrouve le plus souvent en train de cruiser sur les boulevards ou de se faire des balades façon saut de puce.

Selle Harley-Davidson Sportster 1200 Forty-Eight Special

Et dans l’état, un Forty-Eight Special ou un Iron 1200 sont des motos d’égoïstes. Certaines histoires d’amour en ont peut-être été contrariées : imaginons et prenons au hasard deux personnages de la mythologie américaine. JFK voulait emmener Marylin sur une Forty-Eight Special et le concess’ était en rupture de stock de selle passager. Et toc, une idylle ratée.

Selle Harley-Davidson Sportster 1200 Iron

Une autre ? Celle-ci s'est passée le 14 mai 2011, dans la chambre 2806 du Sofitel de New York. Cette anecdote est inédite, elle vient du dossier d'instruction du procureur Vance : ce 14 mai 2011, donc, un certain Dominique S-K, veut emmener sa nouvelle dulcinée faire une balade en Sporster. Or, le 14 mai 2011, c'est un samedi et quand Domi se décide, les concessionnaires H-D ont déjà fermé rideau. Du coup, par dépit, il opte pour une autre stratégie, qu’il regrettera un peu plus tard. Ca tient à pas grand-chose, l’Amour pur avec un A majuscule !

Consommation / Autonomie

Avec 7,9 litres dans le réservoir, le Forty-Eight Special vous obligera à installer une App « station essence » dans votre smartphone. Avec 12,5 litres, l’Iron se marre et passe pour une grande routière, mais ce n’est pas terriblement mieux, en fait. De là à dire que ces machines se raviront d’une utilisation essentiellement ludique et urbaine ?

Réservoir Harley-Davidson Sportster Iron 1200

Conclusion

C’est difficile de parler du Sportster et de nouveaux Sportster : on connaît l’engin depuis longtemps, on connaît son âge et sa technologie, on connaît ses défauts et son vrai potentiel de séduction, on connaît son succès commercial qui en fait la meilleure vente pour Harley-Davidson.

A chaque nouvel essai, quelle que soit la version, on retrouve rapidement ses marques, on reconnaît cette machine brute de fonderie, qui vous donne un plaisir particulier, dissocié de la notion de vitesse ou de performance, ce qui ne saurait vraiment être un défaut en ces temps troublés de sécurité rentière.

On s’y faisait, au fil du temps. Hélas, la concurrence bouge : Indian a la Scout Bobber, dont le châssis est nettement plus rigoureux et le 1200 paraît quasiment deux fois plus punchy. Triumph a osé les Bonneville Bobber et Bobber Black et question confort, équilibre, finition, technologie, on est dans un autre monde.

Mais l’acheteur de Sportster ne lit pas « Que Choisir ? » et ne se décide pas en fonction de critères rationnels. Il veut un look, une histoire, un univers, une reconnaissance, un type de plaisir particulier. En ce sens, le Sportster est inimitable, indémodable, inclassable.

Alors, dans ces conditions, impossible de départager ces deux « nouveautés » qui se différencient principalement sur l’esthétique. Du coup, une fois n’est pas coutume, on va faire comme chez Jacques Martin : tout le monde a gagné.

Points forts

  • Look
  • Agilité au regard du poids
  • Facilité de conduite (et permis A2 possible)
  • Plaisir de conduite (si on est dans le mood)

Points faibles

  • Finition inégale
  • Prestations dynamiques datées
  • Autonomie
  • Confort

La fiche technique de la Harley-Davidson Forty Eight Special

La fiche technique de la Harley-Davidson Forty Eight Special

Conditions d’essais

  • Itinéraire: Une journée d'essai et 160 km en Croatie, au départ de Split et de la route côtière direction Dubrovnik, puis bifurcation dans les montagnes pour aller à la frontière de la Serbie
  • Kilométrage de la moto : variable
  • Problème rencontré : rien, le soir, on avait toujours la banane à Split

La concurrence : Indian Scout Bobber, Moto Guzzi V9, Triumph Bonneville Bobber & Bobber Black

L'essai vidéo des Harley-Davidson Forty-Eight Special et Iron 1200

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Commentaires

80Michel

Donc,si j'ai bien compris, ces deux modèles, qui en fait n'en sont qu'un, sont justes bon pour aller chercher les jours de beaux temps une baguette à condition de prévoir un sac à dos, de passer par une route en très bon état, et bien sur d'avoir fait le plein juste avant....? C'est une farce....?

29-04-2018 19:23 
Phil G

Y'a quand même une petite différence de position de conduite et de train avant. Disons que ce n'est pas une farce, mais les meilleures ventes H-D en France ! Et que cela correspond à une vision cool, apaisée et stylisée de faire de la moto...
Merci de nous suivre,
Philippe

30-04-2018 07:59 
Gringo

Un essai de qualité, comme toujours.

Par contre, en matière de vanne...

Citation

Problème rencontré : rien, le soir, on avait toujours la banane à Split

C'est comme les limitations, on dira qu'on a rien vu.

03-05-2018 16:53 
Dblz

La puissance ridicule, c'est à cause de l'EURO 4 ?
Passke y'a 15 ans, un 1200 à carbu avec un bon stage 1 bien fait, ça rendait quand meme 75ch non ?

11-05-2018 17:11 
Flakes

Citation
80Michel
Donc,si j'ai bien compris, ces deux modèles, qui en fait n'en sont qu'un, sont justes bon pour aller chercher les jours de beaux temps une baguette à condition de prévoir un sac à dos, de passer par une route en très bon état, et bien sur d'avoir fait le plein juste avant....? C'est une farce....?

En fait en balade décontractée, c'est assez sympa le custom. La position de conduite particulière permet de voir et d'apprécier un paysage bien plus que les motos avec demis-guidons que je conduis, et ça c'est appréciable !

14-05-2018 09:12 
 

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