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Histoire de la Suisse

Celtes, Habsbourg et domination française

Une Neutralité perpétuelle

Ulrich Zwingli, instigateur de la Réforme en SuisseL'histoire de la Suisse se mêle sans surprise à celle de la France, de l'Italie, de l'Allemagne et de l'Autriche. Ces pays ont tous influencés, envahit ou fait alliance avec la Suisse au cour des siècles. Aujourd'hui, le pays jouit d'un rayonnement international.

Des peuples celtiques aux Francs

Les premières traces d'habitations remontent à 100 000 av JC. Au fil des siècles, des tribus celtiques et germaniques s'installent sur le territoire suisses et les premières villes sont construites, comme Bâle. Le peuple Helvète s'impose comme majoritaire sur le territoire - les Suisses sont d'ailleurs toujours appelés Helvètes aujourd'hui. Malgré une lutte intense, les terres sont intégrées à l'Empire romain en 7 av. JC. Pendant la Pax Romana, le latin et le christianisme se répandent. A la suite de guerres au 5ème siècle contre les peuples germaniques, les troupes et la population se replient vers le sud des Alpes.

Les Francs envahissent la Suisse au 6ème siècle et le territoire revient un temps à Charlemagne pendant le 9ème siècle avant d'être cédé au royaume de Bourgogne. Les terres se morcèlent peu à peu entre plusieurs duchés et comtés. C'était sans compter sur l'arrivée des puissants Habsbourg, qui usent de leur pouvoir pour influencer la noblesse suisse.

Les confédérations des cantons

Au 13ème siècle, un pacte d'alliance juridique et défensive éternelle est signé entre les cantons d'Uri, de Schwytz et de Nidwald pour se défendre contre les Habsbourg. C'est le début de la formation de la Suisse actuelle, qu'on appelle la Confédération des III cantons. Elle est rapidement suivie par la Confédération des VIII cantons, qui accueillent les cantons de Lucerne, Zurich, Glaris, Zoug et Berne dans l'alliance défensive. En 1370, la Charte des prêtres est signée et garantit l'égalité de tous - nobles, roturiers, laïcs et religieux - devant la justice.
Les Habsbourg tentent à de nombreuses reprises d'asservir le pays, mais les cantons les repoussent. Ces victoires donnent lieu au convenant de Sempach, une charte de règles militaires. La Suisse, bien que toujours sujet du Saint-Empire romain germanique, gagne en indépendance.

En 1474, les confédérés participent à la guerre opposant Louis XI de France à Charles le Téméraire, seigneur de l'Etat bourguignon. Ils sortent victorieux de la guerre mais ne gagnent que très peu de terres. Ces victoires leur apportent cependant l'intégration des cantons de Fribourg et Soleur. Entre temps, le Saint-Empire tente d'imposer un nouvel impôt mais se heurte au refus des cantons. L'empire renonce à ses droits en 1499 via le traité de Bâle. Cette dernière, ainsi que Schaffhouse et Appenzell, rejoignent la Confédération et créent ainsi la Confédération des XIII cantons en 1513.

Au 16ème siècle, la Réforme protestante apparaît à Zurich et gagne une grande partie de la Confédération. Cela engendre quatre guerres de religions entre 1529 et 1712 : les deux guerres de Kappel et les deux guerres de Villmergen. Une Contre-Réforme est organisée et à la fin du conflit, sept cantons sont catholiques, deux sont mixtes et quatre sont protestants. Le 18ème siècle est marqué par la prospérité du territoire grâce aux avancées de l'agriculture et de la science. C'est à cette époque que le concept d'une nation suisse se développe.

Domination française et guerre civile

La prise des Tuileries, Jean Duplessi-BertauxA la suite de la Révolution française, le 10 août 1792, 800 gardes suisses sont tués au Palais des Tuileries, Genève et l'évêché de Bâle sont annexés par les révolutionnaires français. En 1798, le gouvernement français envahit la totalité de la Confédération. La "République helvétique une et indivisible" est mise en place et les frontières sont redessinées. Napoléon Ier impose une nouvelle constitution à la suite de la Guerre des bâtons, une révolte fédéraliste et rétablit la plupart des anciennes frontières afin de calmer les tensions. Genève et le Valais restent annexés par l'Empire français, de nouveaux cantons sont créés.

A cette époque, les 19 cantons redeviennent indépendants, le franc devient monnaie nationale, chaque canton possède sa constitution et ses péages. Mais une famine frappe le territoire, qui est traversé par les armées étrangères en guerre contre la France. La Confédération signe alors un nouveau pacte fédéral afin de lier les cantons entre eux sous une même constitution. Ce pacte est validé au Congrès de Vienne en 1815, qui suit la défaite de l'Empire français et la Neutralité perpétuelle de la Suisse est déclarée. Les territoires de Genève, du Valais et de Neuchâtel lui sont aussi rendus. C'est le début de la Confédération des XXII cantons.

En 1830, le droit de vote se généralise dans plusieurs cantons de la Suisse. Le parti radical-démocratique connait une forte croissance et tente d'imposer des mesures anti-catholiques et anticonstitutionnelles. Les sept cantons catholiques s'allient alors secrètement pour lutter contre la menace, mais la révélation de cette alliance mène à une guerre civile. Les catholiques perdent la guerre et une nouvelle constitution est adoptée en 1848.

Etat fédéral

A la signature de la nouvelle constitution, la Suisse devient un état fédéral. Les cantons ne sont plus indépendants, les frontières sont levées, les péages retirés, le franc suisse est nationalisé. Le Conseil fédéral et l'Assemblée fédérale bicamérale sont créés et Berne est désignée comme nouvelle capitale. Le 19ème siècle est marqué par les réformes du gouvernement : les référendums facultatif et d'initiative populaires sont autorisés, le Tribunal fédéral devient permanent, l'école primaire devient obligatoire, la journée de travail est encadrée et l’assurance maladie est instaurée.

La Première Guerre Mondiale a peu de répercussion sur l'armée, mais la population souffre du manque de provisions. A la fin de la guerre, une grève fédérale éclate et fait avancer le droit des travailleurs. Pendant l'entre-deux-guerres, le Conseil fédéral est remanié et on voit apparaitre le Parti des paysans, artisans et bourgeois au Parlement. La Suisse intègre la Société des Nations en 1920 et conserve sa neutralité dans les conflits qui opposent l'Allemagne et l'Italie au reste de l'Europe. Des crises économiques touchent la Suisse en 1921, 1922 et 1936.

Lors de la Seconde Guerre Mondiale, la Suisse ne répète pas les erreurs de la première guerre. Elle positionne l'armée aux frontières et l'approvisionnement des populations est assuré afin d'éviter une nouvelle famine. Le pays tient une position ambigüe, continuant les échanges commerciaux avec les deux camps, tout en accueillant les juifs fuyant le régime nazi.

L'après-guerre

N'ayant pas participé à la guerre mais ayant continué ses échanges commerciaux, la situation de la Suisse après la fin de la celle-ci est stable. Les réformes sociales continuent avec la mise en place d'une assurance-vieillesse et survivants, le suffrage féminin est accepté au niveau fédéral. En 1978, le canton de Berne est divisé en deux, avec la création du canton du Jura, à la suite d'un vote fédéral.

La Suisse reste fidèle à sa neutralité et refuse de rentrer dans l'ONU et l'OTAN. Le siège européen de l'ONU y est finalement installé. Parallèlement, le développement de ses industries la propulse à la place du pays le plus prospère au monde. Malgré une crise dans les années 1990, la Suisse ne perd que peu de sa puissance économique et reste aujourd’hui le deuxième pays avec le PIB par habitant le plus élevé. Elle finit par rejoindre l'ONU, mais refuse d'entrer dans l'Union Européenne.

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