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Radioscoopie : Le scooter roi

Journaliste, reporter, grand reporter, chroniqueur radio et Rédacteur en Chef sur France Inter...

Serge Martin signe chaque mois une chronique radiophonique sur Le Repaire

Le scooter serait-il en passe de reléguer la moto au rang de « vieillerie archaïque » ou d’objet de musée ? On peut légitiment se poser la question au regard du développement du scooter qui supplante la moto dans bien des domaines…

Radioscoopie : le scooter roi

Bon je sais, c’est la question qui fâche et qu’il ne faudrait pas poser, surtout ici. Mais quand même on peut s’interroger et ce phénomène n’est pas nouveau.

Retour par exemple sur le passé. Que retient la mémoire collective des années 50 en matière de deux-roues ? La Norton Manx de 1954 ? La Guzzi 4 cylindres, la MV Agusta 500, les Terrot, Peugeot et autres Ultima ou Monet Goyon ? Pour le connaisseur, le passionné de la moto, le visiteur assidu des salons ou musées consacrés à l’histoire de la motocyclette, oui, incontestablement !

Mais plus largement, pour le grand public, le deux-roues des années 50 reste et restera la Vespa immortalisée au cinéma. Même si un scooter français, le Peugeot S-55, avec ses deux selles indépendantes montées sur ressort a bien tenté de se faire une place, la Vespa, avec un grand V, celui de la victoire, s’est peu à peu inscrite dans l’histoire du deux-roues comme Le scooter. Le deux-roues idéal permettant aux couples moins fortunés de l’époque de prendre la route des vacances ou tout simplement de l’escapade dominicale en marge d’un usage quotidien.

Si par la suite la moto, notamment avec l’arrivée de la vague japonaise venue supplantée la production européenne, a peu à peu réussi à reprendre le dessus, on est en droit de se demander, au début de ce 21eme siècle, si la tendance n’est pas en train, une fois de plus, de s’inverser.

L’approche utilitaire du deux-roues qui n’a cessé de se développer depuis le début des années 2000, au détriment de la notion passion, en est la cause principale. Lassé des embouteillages des villes, des bouchons, des retards inéluctables, le citadin ou plus exactement l’automobiliste citadin s’est jeté sur le moyen de transport qui lui paraissait le plus adéquat à savoir, non pas la moto, ou bien alors dans une faible mesure, mais le scooter.

Et c’est ainsi que le trois roues, le Piaggio MP3, accessible avec un permis auto restera comme l’innovation pour ne pas dire la « révolution » de ce début du siècle en matière de mobilité urbaine. Un scooter et comble de « malchance » un 3 roues bien loin du side car réservé, aujourd’hui, à une minorité d’authentiques puristes « rétrogrades » ou de nostalgiques inconsolables.

Regardons maintenant ce qui se passe dans nos campagnes. Au moment d’entrer au lycée les jeunes préfèrent, quand cela est possible ou accepté par les parents, pour éviter le car de ramassage scolaire, jeter leur dévolu sur…un scooter. Un deux roues utilitaire dont ils vont s’empresser de se débarrasser dès leur majorité autrement dit dès le moment où ils vont enfin pouvoir passer le permis et s’offrir leur première voiture.

Et la moto dans tout cela ? Loin, bien loin avec fort heureusement un retour ou une arrivée chez le quinqua qui soudainement, avec l’âge, éprouve un besoin de liberté voire de s’encanailler et de goûter aux sensations du « bad boy ».
Autre facteur de désaffection mais pas de désamour vis-à-vis de la moto, le souhait, peut-être très parisien il est vrai ou en tout cas citadin, celui de vouloir être dans « l’air du temps » et d’essayer de rouler « propre » avec un souci de préservation de l’environnement et un seul choix, en matière de deux roues à l’heure actuelle, l’électrique.

Là aussi avec un positionnement encore balbutiant de certaines marques comme Zero Motorcycle, ou de prototypes non aboutis comme la LiveWire d’Harley Davidson, l’électrique reste donc, pour le moment, l’apanage du scooter. Si les premiers scooters électriques et je pense au Vectrix, ont connu quelques infortunes, d’autres, en dépit de leur coût, ont fini par trouver leur place et leur clientèle.

C’est le cas notamment aujourd’hui de BMW avec son maxi-scooter C Evolution. Dans une catégorie moindre, on ne peut pas parler de cylindrée en matière électrique, le Govecs S3.6 bien que trois fois plus cher qu’un Honda PCX-125 cherche à se faire sa place.

Que dire enfin de l’arrivée toute récente sur le marché de petits scooters électriques achetables et customisables à souhait sur internet pour moins de 2000€. Ce scooter à la conception franco-allemande (fabriqué toutefois en Asie) que l’on peut conduire sans permis, l’UNU, d’à peine 70kg propose une autonomie de 50km. Cet UNU qui dispose par ailleurs d’une batterie qui se recharge aussi facilement que celle de son smartphone risque bien, lui aussi, de bouleverser la donne d’une clientèle à la recherche d’un deux roues propre, facile à acheter (depuis chez soi sur internet) et à entretenir.
Il est bon par ailleurs de préciser que la mise en place de restrictions de circulation dans les grandes villes ajoutées au bonus écologique et autres aides à l’achat proposées par certaines d’entre elles, bien que « ridicules » par rapport au coût d’un C Evolution, transforment peu à peu l’acquisition de ces scooters électriques en une véritable alternative et contribuent, de fait, à leur progression.

On ne peut pas dire que ce soit le cas pour les motos absolument pas aidées alors qu’elles contribuent, elles aussi, à la fluidité urbaine. Des motos pénalisées par le manque de places de stationnement, à Paris notamment, des motos devenues la cible privilégiée des contractuels pour tout stationnement, même sans gêne, des motos exclues de la capitale dès lors qu’elles ont le malheur de ne plus être pratiquement « neuves ».

A cela s’ajoute le phénomène de mise à disposition, dans certaines grandes villes, de deux-roues à moteur et là encore ce ne sont pas des motos, on imagine pourquoi, mais des scooters offerts au partage des usagers urbains. Et c’est ainsi que Cityscoot a véritablement révolutionné la mobilité électrique dans Paris. Ouvert au public il y a un an de cela, en juin 2016 très exactement, de 7H du matin à minuit, ce mode de partage d’un scooter électrique enregistre désormais 7000 locations quotidiennes. C’est un scooter emprunté toutes les 10 secondes dans la capitale et ses communes limitrophes. Pas de clef, pas de carte magnétique, pas de borne de réservation ni souci de recharge (les équipes de Cityscoot s’en occupent), un permis B et une simple application smartphone permettent de localiser et donc de louer l’un des 1100 modèles disponibles (bientôt 1600 à la rentrée).
Enfin, pour couronner le tout, certains constructeurs s’attachent à inventer et à commercialiser le deux roues à l’apparence et aux qualités d’un scooter, le deux roues susceptible de créer la symbiose entre les deux communautés, celle des motards et celle des scootéristes.

Ainsi, après quelques fortunes diverses, pour ne pas dire infructueuses, je parle de la DN01 ou de la Vultus NM4, le Japonais Honda a véritablement commencé à marquer des points avec son Integra pour aujourd’hui être en passe de réussir ce pari avec son X-ADV. Jamais un constructeur ne sera allé aussi loin, bousculant tous les codes en vigueur, pour présenter un véhicule (certes à l’apparence d’un maxi-scooter) capable de séduire une clientèle de scootéristes comme une clientèle de motards. Un « engin » capable de sortir des villes et même des routes. Un deux roues facile à conduire et séduisant à vocation sportive et utilitaire, à utilisation hebdomadaire ou quotidienne présentant finalement les mêmes qualités qu’un trail polyvalent à tel point qu'on en vient à comparer un X-ADV avec une Africa Twin.

Le TMAX de chez Yamaha avait déjà considérablement bouleversé la donne et fait évoluer l’univers « scooters », voilà que l’X-ADV pourrait à son tour révolutionner le monde du deux-roues et peut-être d’ailleurs, au passage, attaquer l’indéboulonnable TMAX. Un scooter, car il est malgré tout difficile de lui accorder, de par son look, l’estampille « moto », à même de séduire une clientèle de motards, urbains ou autres, toujours à la recherche du deux roues idéal pour tous les jours, week-end compris.

Autant de raisons pour lesquelles la moto bien « qu’objet de culte » d’une population de passionnés dont je pense faire partie a du souci à se faire. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que des scooters tels le Honda Forza 125 ou bien encore le Yamaha XMAX 125 occupent à l’heure actuelle la tête des ventes de deux roues devant la gamme MT de chez Yamaha, la CB500FA chez Honda ou bien encore les R1200GS de BMW.

Alors se demander si une fois de plus le scooter peut devenir une tendance susceptible d’occulter l’image de la moto, c’est peut être une interrogation qui fait mal, indiscutablement, mais c’est une question que l’on est en droit de se poser même dans notre beau « Repaire ».

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Commentaires

Le Modérateur

le scooter, l'avenir du motard ? Argh !

01-07-2017 12:27 
XM

une fois de plus la question est mal posée: pourquoi opposer moto et scooter? ce n'est pas la passion contre la raison, la sensation contre l'utilitaire. il y a des motos extrêmes et des brêlons utilitaires, et c'est pareil dans le monde du scooter. après 400 000 km en moto et 250 000 km en scooter, je ne fais pas de distinction entre les genres. j'entends souvent que je ne suis plus un vrai motard depuis que je roule en scooter, mais je roule toujours pareil, donc pas de changement en termes de qualité (toujours la banane) ni de quantité (entre 20 et 25000 km, toute l'année). le scooter est ma solution aujourd'hui, la moto est la solution d'une autre attente. il y a et il y aura toujours de la place pour les deux, j'en suis persuadé et c'est très bien comme ça.
appel de phare de mes 200kg de plastique injecté (merci KPOK pour l'expression)

02-07-2017 06:57 
Serge

Mal posée? Mal posée? Je t'en foutrai moi du mal posé Môssieur le scootériste d'un jour et motard dans l'âme...
D'abord toute question mérite d'être posée Môssieur Morcrette, ensuite ce n'est pas une opposition mais une confrontation, pardon je voulais dire une comparaison! Bon allez j'arrête de déconner, David tu as raison tout comme l'indécrottable motard que je pense être mais qui aime bien de temps à autre tromper sa "régulière" (j'entends ma moto) pour un scooter aux yeux de biche. Mais de temps en temps seulement et pas pour un Moto Tour par exemple.
Signé: un lecteur assidu, chroniqueur à ses heures perdues qui fera tout pour sauver l'Avenir de la Moto.

02-07-2017 17:19 
Serge

Euh pardon je m'adressais à Môssier XM.

02-07-2017 17:19 
Serge

En fait XM c'est ça le problème, le plastique injecté, quelle horreur! Tout ce que je déteste chez une femme et...200kg en plus!

02-07-2017 17:22 
Marc Verand

Bien posée la question Serge.
En effet il y a tout lieu de se demander ce que sera l'avenir de la moto si tout est fait pour le scooter!
ET pardon XM mais le plastique n'a rien de fantastique...

02-07-2017 17:42 
tom4

bah faut reconnaitre que le scooter est quand même super utile.
pour servir d'allume feu par exemple :)

tom4

02-07-2017 21:03 
Berny

Citation
Le Modérateur
le scooter, l'avenir du motard ? Argh !

On le sait bien que tu veux changer le titre du Repaire...ange

02-07-2017 21:08 
XM

salut la future minorité ethnique!
je ne sais plus quel personnage de Kamelott dit à un moment que le poisson s'agite beaucoup plus lorsqu'il est sur la berge que lorsqu'il est tranquille dans l'eau. vu l'agitation ambiante, Serge a peut-être raison, finalement (et David semble avisé d'envisager de rebaptiser le site ...)
le repaire du scootard?
nan, j'déconne
quoique...
V à tous!

03-07-2017 08:06 
Serge

Et pourquoi pas: Le Repère des Motards?
Non rassure toi je déconne aussi David.
Je n'ai pas envie de perdre mes repères, vive Le Repaire

03-07-2017 10:20 
Flakes

Hello,
Je trouve effectivement la comparaison étrange, peut-être à mon sens ne se poserait-elle qu'avec le XADV et encore...
Pour l'exemple des jeunes c'est un contre-exemple : un scooter 50cc est en général bien moins cher qu'une moto 50cc (en occasion) et c'est un argument de poids quand on a 16 ans :D Ils sont aussi bien plus répandus dans cette cylindrée.
Et en fin de compte cette situation est l'exemple type de ce qu'est le scooter : un accès facile à la route sans passer par la voiture. Et ça reste en grande majorité le cas quelle que soit la cylindrée.
Passer le permis moto est surtout une histoire de passion, conduire un scooter est surtout une histoire de praticité.
Au final, je ne pense déjà pas spécialement de mal des scooters en général mais ce qui me perturbe plus c'est la boite DCT sur des modèles qu'on ne propose plus en manuel (et qui sont vraiment des motos pour le coup !).

03-07-2017 19:08 
KPOK

Convenons-en : la moto est un scooter comme les autres.

05-07-2017 08:08 
marinemat15

Certes, on nous met des bâtons dans les roues, mais ceux qui prennent la moto par plaisir et par passion (et il y en aura toujours) trouveront toujours un moyen pour rouler ! FREEDOM :D

05-07-2017 11:19 
dood

Scooter, roi... hum

Je propose qu'on en reparle arrivé en haut du prochain col...

05-07-2017 12:20 
glacombe33

On est sur le repaire des motards pas celui des scooters non ???

06-07-2017 22:09 
glacombe33

06-07-2017 22:09 
Marc Verand

Quel sectarisme!
Si les motards ne peuvent plus porter un regard sur les autres deux roues qu'ils croisent sur la route où allons nous????
Dans ce cas là cela devient Le repaire des Sectaires....
La question mérite en effet d'être poser et c'est tout le mérite de ce site. Ouvrons les yeux boudiou!!!

10-07-2017 17:58 
 

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