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Conseils : rouler en pneus pluie

Pour les pros ou les amateurs éclairés ? Dans quelles conditions ? Quelles sont les règles ?

Tous les conseils pour rouler en sécurité sur piste quand la météo se dégrade...

Les pneus pluie, un truc de pro ? C'est vrai que quand on voit dans les stands, les collections de jantes, de pneus, de couvertures chauffantes, on se dit que tout cela est un autre monde et que cela ne concerne pas le motard dont la course n'est pas la profession. Or, les pneus pluie méritent de l'intérêt, si tant est que l'on pratique assez régulièrement les journées piste, même en amateur. Et ce, pour plein de raisons.

La première, c'est que dans sa grande vocation pédagogique, Le Repaire vous a déjà livré quelques conseils sur comment bien rouler sous la pluie. Mais la piste, c'est autre chose.

Conseils : rouler en pneus pluie

Plus que la performance, la sécurité avant tout

Conseils : rouler en pneus pluieMême si l'on ne fait de la piste que deux ou trois fois par an, investir dans des pneus pluie peut être judicieux. D'abord, parce qu’une journée piste, ça se planifie souvent plusieurs semaines à l'avance. On voit ça avec ses potes, on s'organise, on prend une journée de RTT, il y a les frais de déplacements pour ceux, nombreux, qui n'habitent pas à côté du circuit. Mais parfois la météo déraille : c'était le cas récemment lors d'une journée de roulage à laquelle nous avons participé, sur le circuit de Magny-Cours et il faisait un temps à ne pas mettre un poisson rouge dehors, de quoi réfléchir si le mouillé, c'est bien dans la tête. En même temps, l'automne, dans la Nièvre...

Bref. Il y a ceux qui ne voulaient pas aller rouler. Puis ceux qui ont tenté l'expérience, avec des pneus de route. Les premiers ont juste dépensé de l'argent pour rien et sont frustrés de ne pas rouler. Les seconds, on les a souvent retrouvés dans les bacs à gravier. Alors oui, une paire de pneus pluie, ça a un coût (globalement identique à celui d'une bonne paire de pneus piste, soit pas loin de 400 € pour une très bonne monte, auquel il faut ajouter une paire de jantes d'occasion), mais un carénage explosé et un bel échappement que l'on retrouve sculpté comme une flûte à bec, ça a un coût aussi. Généralement bien plus élevé.

De fait, les pneus pluie ont une vertu : celle d'aller vous permettre de rouler dans toutes les conditions. En plus, ils vous feront progresser, car on est obligé d'être plus fluide sur le mouillé.

Quand, comment ?

C'est bien simple, explique Pascal Serra, responsable de la compétition moto chez Pirelli : "tant que tu ne vois pas la trajectoire, tu roules en pneus pluie". Ça, au moins, c'est clair. Maintenant, voici quelques éléments qu'il faut avoir à l'esprit pour optimiser l'usage de ses pneus pluie.

Pascal Serra, spécialiste compétition et pneus pluie chez Pirelli

Couvertures chauffantes, ou pas ?

Si vous n'êtes pas pro, on vous le déconseille. Parce que les pros, ils sortent des stands, ils vont sur la piste et c'est la bagarre. Les amateurs et les participants à une journée de roulage, ils vont forcément passer plus de temps à attendre dans la voie des stands et ils prennent le risque de partir avec des pneus qui se seront refroidis, tout en pensant qu'ils sont, à tort, en sécurité. Mieux vaut partir donc avec des pneus froids et les faire chauffer : on rappelle que la chauffe des pneus, ce n'est pas en faisant des zigzags sur la piste, mais par une succession d'accélérations soutenues et de freinages appuyés. Combien de tours ? Y'a pas de règle : deux, trois, quatre, ça dépend de votre poids, de votre moto, de votre style de pilotage, du réglage des suspensions...

Quelle pression ?

Pirelli recommande, sur ses pneus pluie, de mettre un peu plus que sur des pneus pistes traditionnels. C'est à dire pas loin de 2,4 bars devant et entre 1,6 et 1,7 derrière. Rien d'anormal à cela, pour que les sculptures puissent faire leur travail, la carcasse doit être rigide.

La température ?

Si les pneus piste ont une efficacité qui se réduit quand la température baisse, les pneus pluie sont moins sensibles au phénomène. D'abord, si l'on envisage de les mettre sous couverture chauffante, cela dure moins de temps qu'avec des pneus pour le sec (20 minutes à 45 °C au lieu de 1 heure à 90 °C) ; ensuite, leur température de fonctionnement est plus basse. Ils fonctionnent à 50 °C alors que des pneus pour le sec montent entre 100 et 110 °C quand on rentre aux stands. Il est donc fait pour s'épanouir sur un bitume froid et mouillé.

Quand ça sèche ?

C'est simple : sa température de fonctionnement va augmenter, il va être moins efficace, se mettre à boulocher plus vite. Au guidon, on s'en rend carrément compte, car la carcasse se met à travailler plus et on commence à avoir du gros mouvement transversal sur les phases de freinage, par exemple... et là, il est temps de changer de monte pour gagner au chrono et préserver ses pneus pluie.

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