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Rencontres en terre sami

Rencontre en terre nordique : Revivre le quotidien des samis

Rennes de traîneau, Lavvu, lasso, chiens de traineaux, sous la tente

On imagine la Norvège en blanc pendant l'hiver. Imagine-t-on comment était la vie ici il y a moins d'un siècle ? Que ce soit pour les Norvégiens ou les Sami ? Rude, c'est sûr, mais encore. Ce qu'il y a de bien avec le retour aux sources, c'est que l'on a toutes les infos de la vie d'autrefois, bien transmises jusqu'à aujourd'hui. Après, on peut se contenter de cette information historique ou la vivre au plus proche. Et ce que proposent désormais bon nombre de sociétés. Vous pouvez revivre les anciens temps et c'est cela que l'on vous propose de revivre avec nous.

Soyons francs. Il y a des Samis actuellement avec leurs troupeaux de rennes, perdus à des centaines de kilomètres de toute habitation. Nous n'irons pas jusque là. Mais à quelques kilomètres de Tromso, les maisons s'éparpillent. Une route de traverse et vous êtes en pleine campagne. Les rennes sont dehors. Les chiens sont dans leurs cabanes sur pilotis pour être isolés du froid. Une "lavvu" fume.

Renne et lavvu en terre sami

Traîneau de renne

On avait vu les courses de rennes lors de la Sami week, quelques jours auparavant. Ce sont en fait des skieurs qui sont traînés par un renne. Ici, les rennes titrent des traîneaux, légers mais en bois. Et la température n'a rien à envier au pôle nord dont on n'est finalement pas si loin. -15ºC ! Vous étiez sortis habillés comme à la montagne ? Il est ici nécessaire de rajouter une couche. Et cette couche est proche de nos combinaisons de pluie, en plus épais et surtout plus chaud. Le Sami qui nous guide a revêtu son manteau de renne de son côté. On détache les rennes, pour les atteler au traîneau, à raison d'un renne par traineau. Le traîneau est rustique. Oubliez les traîneaux proches de nos calèches et poses sur des skis. Ceux ci sont plus proches d'une grosse luge. On y est les jambes allongés sur les peaux de rennes, le dos calé sur le dosseret en bois. La couverture en plus vient constituer une couche supplémentaire.

traineau de renne et sami

Le seul renne suffit à avancer dans la neige, aide par des sabots particulièrement larges, à la vitesse d'un bon marcheur. Immobile sous la couverture, le regard monte vers le ciel et se porte au loin. Le soleil touche le haut des montagnes avoisinantes alors que la piste est toujours dans l'ombre. De fait, cette même piste ne bénéficiera de soleil jusqu'au sol que pendant une petite demi-heure, vers midi. Nous sommes début février et le soleil est ici encore particulièrement bas sur l'horizon. C'est l'appareil photo qui craque le premier en affichant un beau "err", synonyme d'erreur et d'intolérance au froid. L'IPhone le suit peu de temps après, passant de 81% à l'extinction complète. Seule la GoPro résiste encore. La nature est calme. Les rennes dociles. Le froid gagne les mains de certains d'entre nous. On apprécie de se lever du traîneau lors d'une halte pour sautiller sur place avant de se reloger sous la couverture. Il faut ici se laisser aller, simplement. Imaginer que l'on se déplaçait comme cela encore au début du siècle dernier. Un couple vit sa lune de miel en en profitant. Ce n'est pas une image d'Epinal mais une image de Norvège.

Lavvo

Chiens de traineaux

Ils sont une activité ludique en France. Ils sont une tradition sami en Norvège. Ils sont aussi une expérience à vivre, moins pour le sport que pour que le contact avec les animaux, croisements entre des chiens de chasse pour leur capacité à courir et les Husky pour leur résistance.

Chien de traineau, croisement entre chien de chasse et Husky

4 chiens sont attelés par traineau, solidement arrêté par une ancre. Autant ils sont calmes dans les niches, il suffit que les samis s'approchent pour qu'ils comprennent qu'ils vont courir. Les cris de joie varient entre jappements et aboiements. Malgré l'ancre, certains chiens tirent sur leur harnais, prêts à courir. L'enthousiasme est palpable. Le pied sur le frein, on enlève l'ancre profondément enfoncée dans la neige et l'attelage bondit littéralement. Vous voilà en quelques minutes "musher". Le sami guide le traineau de tête, le leader. Pour tout dire, les chiens suivent et il faut surtout bien tenir la barre de bois, aider en côte et freiner en descente afin que le traineau n'aille pas plus vite que les chiens et pouvant les blesser. Le pli se prend très rapidement et la demi-journée passe rapidement, seulement ponctuée de quelques haltes soit pour échanger sa place entre le passager et le pilote d'attelage, soit simplement pour essayer de prendre une photo. Je dis essayer, car les batteries fondent comme neige au soleil avec le froid. Et malgré le fait de protéger l'appareil sous la combinaison, il ne résistera pas plus d'une demi-heure aux -20°C avant de clignoter en erreur. Bien protéger son matériel, avoir des batteries de rechange. Dans le cas du reflex, la batterie survivait mais l'électronique interne.

Une expérience unique en vidéo

Lavvu

Une lavvu est une tente Sami, qui peut être dans certains cas modernes être faite de pans de bois, avec un feu central ou un poêle de nos jours. Bon, la très grande majorite des Sami ont des "vraies" maisons, mais aujourd'hui, se rassembler à une dizaines de visiteurs sous cette lavvu permet surtout de discuter avec le Sami qui nous accueille, en tenue traditionnelle.

Intérieur de Lavvu

Certains se rappelleront sûrement des photos des Lapons tout de bleu vêtus. L'habit traditionnel est essentiellement en bleu, puis se distingue après en fonction des régions. Les Sami de Tromsø seront plutôt en bleu avec des bandes jaunes et rouges sur les épaules. Celui plus au nord, à Breivikeidet, est en bleu aussi mais avec des bandes brodées sur les épaules et le bout des manches. En plus des neuf dialectes des Sami, ceux-ci se distinguent ainsi par leur costume propre. Ce n'est pas vraiment une rencontre en terre inconnue mais bel et bien une rencontre avec d'autre coutumes. Le traîneau de rennes passe du coup en second plan devant la rencontre humaine et la découverte d'une autre vie. Son frère et lui ont des rennes dans le fond nord. Et il y retournera bientôt aussi pour alterner avec son frère. Voire veiller à ce que ni un aigle ni un ours ne vienne tuer une tête. Leur fortune est là, dans le nombre de têtes de rennes. Mais ils ne diront pas combien de rennes ils ont. "C'est comme si je vous demandais combien vous avez sur votre compte en banque".

Sous la tente

Tout le monde ou presque a déjà dormi sous une tente. La tente de Sami peut être grande comme un tipi, pouvant atteindre plus de huit mètres de diamètre.

Tente sami

Le poêle à bois est au centre. Et l'on y met deux ou trois petites bûches à intervalle régulier; environ toutes les deux heures, au pire. L'important est de ne pas laisser le feu mourir. On se lève donc à tout de rôle pendant la nuit pour aller rallumer la flamme, alors que la température est descendue à l'intérieur. Dehors, le thermomètre est sous les -20ºc. Et ça pique vraiment, même avec 4 couches sur soi. À l'intérieur, le sac de couchage ne donne pas du tout mais pas du tout envie d'en sortir à intervalle régulier, tellement on est juste dans un cocon. Et puis, on n'est pas habillé dans un sac de couchage, seul un bonnet permet de ne pas perdre de chaleur par la tête.

Sous la tente sami

Alors, on enfile rapidement la doudoune gelée pour aller remettre des bûches et en profiter pour jeter un coup d'œil à l'extérieur. Car c'est la nuit que les aurores boréales - les fameuses northern lights ou lumières du nord - traversent le ciel de leurs couleurs vertes, bleues parfois roses allant jusqu'au rouge. Et en dehors de la ville, loin des maisons, perdus dans la nature et cette tente qui tente de faire revivre une seule nuit la vie usuelle de certains de nos ancêtres (les miens viennent de Suède), leur vie en semble décuplée. Pas de télé, ni de musique. Un peu de bois pour se chauffer. On touche un peu du doigt la différence et le confort que l'on a quitté ce matin et la douce chaleur de l'hôtel, plutôt surchauffé à contrario. Il fait froid sous la tente, vraiment froid. Je tape à la lueur du feu sur l'iPad dont le pourcentage de batterie baisse autant que la température ambiante. Mais l'odeur du bois qui brûle chatouille les narines. Et l'on n'entend que le bruit des flammes attisées par le vent dans l'âtre. La tête se vide. On revient à l'essentiel dans la pyramide de Maslow. Un toit, de la chaleur, de quoi manger. Une expérience à vivre, indéniablement.

Habit traditionnel sami

Oubliez les activités disparates. Ici, vous pouvez plonger dans le passé et vivre une vraie rencontre avec une autre culture, à vitesse accélérée, l'espace de deux journées. Ce n'est pas une semaine ou plus d'immersion comme ont pu le vivre certains mais c'est le point de départ pour autre chose et peut être l'envie de continuer l'aventure plus longtemps. J'ai apprécié la gentillesse et l'accueil des Samis au-delà de l'expérience. Un grand merci également à Asbjørn et à sa femme pour la chaleur de leur accueil (leur site en lien plus bas). Et quand la neige recouvre tout et que la moto est moins praticable, c'est aussi l'occasion de vivre des émotions et des sensations différentes.

terre sami

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