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Canada : Icefield / Glacier Athabasca / champs de glace Columbia

Moto en Colombie britannique

Il y a de nombreux glaciers mais il y en un seul qui se visite réellement avec un guide : l’Icefield. Les randonnées avec guides sont tellement renommées qu’elles sont souvent complètes plusieurs jours à l’avance, voire une semaine. Chance, par un appel donné il y a deux jours, une randonnée avait été rajoutée pour aujourd’hui vu l’affluence et il restait deux places.

Il faut donc reprendre la fameuse route 93 sur une centaine de kilomètres, le tronçon que j’avais trouvé désespérément droit et triste à l’aller. Mais aujourd’hui semble différent : il fait beau et le sens de la route est différent. La plupart des points de vue sont sur la droite et plus visibles que dans l’autre sens. Nous n’hésitons donc pas à prendre de la marge de temps pour nous y rendre avec un timing de 3 heures.

En fait de lignes droites, il semble qu’il y ait aussi des grandes courbes, même si la visibilité est plus importante que sur les routes empruntées jusqu’à alors. Les passages de rivière permettent de prendre la rivière vue du pont, en prenant le temps de s’arrêter sur le bord de route après le pont. Interdite aux trucks, la route est presque vite en ce début de matinée. Il est du coup possible de se poser au milieu des doubles bandes centrales et prendre le temps de choisir un cadrage et une photo.

Rivière vue du pont

On profite cette fois-ci réellement du temps qui passe, et du soleil sur les rives du fleuve. La patience est récompensée car une masse noire se détache de l’autre côté : un ours solitaire ! Ce n’est pas la première rencontre, mais c’est à chaque fois la même adrénaline à découvrir l’animal sauvage dans son élément et d’être en visiteur au milieu de son habitat. L’eau nous sépare cette fois-ci. La moto freine violemment. L’appareil sort en un éclair et je dévale la courte berge pour me rapprocher le plus possible, faute de zoom. Derrière, des voitures se sont également arrêtées et les appareils numériques sont sortis. La berge est boue désormais. Les chaussures glissent et s’enfoncent dans l’eau. Je ne peux aller plus loin. J’en viendrai presque à désirer voir l’ours traverser. Un puis deux clichés en haute résolution essaient de combler l’absence de zoom. Photo ou pas photo, ce n’est pas grave. La rencontre est faite.

Rivière vue du pont

A force d’arrêts, nous arrivons à peine en avance. Le guide québécois est déjà là, équipant les randonneurs : chaussures, gants, pantalons k-way…

Le champ de glace Columbia est le plus important des parcs de l’ouest canadien. Accessible par le glacier Athabasca, il est à près de 7 kilomètres du front du glacier et réservé d’accès aux alpinistes chevronnés. Nous nous contenterons donc du glacier Athabasca, interdit à toute randonnée, hormis celles réalisées avec un guide agrémenté. C’est le cas, profitons en !

Glacier Athabasca

Les explications succèdent aux courtes marches… à la vitesse du glacier. Le glacier bouge tout le temps ; celui avance à la fois de 15 mètres par an et recule de 25 mètres pour un recul combiné de 10 mètres par an. Ce recul est amplifié par son épaisseur qui décroît encore plus, rendant spectaculaire l’écart entre les photos datant de 50 ans et aujourd’hui. Cinq cent mètres de différence et une vallée autrefois sous la glace, aujourd’hui transformée en champ de pierres désolé.

De la pierre à la glace, la marche continue donc son chemin, de façon historique et technique sur la vie du glacier. Les pas se succèdent entre les ruisseaux de surface, tandis que l’on prend conscience qu’une plus grande partie encore de cette eau circule sous le glacier grâce à des moulins où pénètre l’eau de surface. Quelquefois large de seulement quelques centimètres, ces moulins peuvent être de un à deux mètres, voire plus, suffisamment pour qu’un homme y passe, y tombe et/ou y disparaisse. Chaque année, le glacier connaît ses morts, quelques fois à seulement quelques mètres de son front.

Cette sortie de 3 heures n’est pas suffisante pour atteindre le début, ni même la base du champ de glace Columbia. On regarde donc avec concupiscence l’espace qui nous sépare encore de cet autre monde, qui semble très proche et qui est encore pourtant si loin. Toutes les distances semblent déformées par la clarté de l’air qui rend proche une portion du glacier encore éloignée de 1 kilomètre et immense. Les roues des icetracks donnent toute la mesure de cette illusion d’optique.

champ de glace Columbia

En bord de glacier, la terre semble avoir repris ses droits, mais de terre, il s’agit toujours du glacier, recouvert d’une fine couche de terre. L’illusion de loin était parfaite. Le danger est encore plus grand quand comptant sur un sol dur, on se trouve toujours sur le glacier, et susceptible de marcher sur une crevasse.

Glacier recouvert de terre

Au bout de trois heures, la glace encore dure, a légèrement fondue sous le soleil, devenant plus glissante. Ce qui semblait facile à la montée devient maintenant délicat. Ce sont les premières glissades et chutes. Le retour s’effectue tranquillement, toujours guidé, mais les explications ont été données.

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