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Canada : Prince George

Moto en Colombie britannique

C’est un ciel d’un bleu pur qui accueille la dernière journée des parcs. Le Mont Robson apparaît sans presque aucun nuage de la fenêtre du chalet. Au dehors, les écureuils sont déjà à l’affût et courent le long de la terrasse.

le Mont Robson sans nuage

Le Mont Robson est à deux pas. Le centre d’information se charge de garder les blousons. Plus haut, c’est le lac Kinney qui nous attend. La marche est spéciale aujourd’hui car sortis des parcs, même si la nature et les lacs sont encore partie prenante du Canada, les longs chemins de randonnée tels que dessinés dans les parcs disparaissent.

Le lac Kinney n’est qu’à deux kilomètres sur un terrain en légère montée à travers la forêt, longeant une rivière Robson particulièrement déchaînée. L’eau est tantôt turquoise, tantôt blanche d’écume, sautant par-dessus les arbres déracinés, enchevêtrés de part et d’autre des rives. Par moment, le torrent se transforme presque en cascade sur une rangée de pierres, remuant et se retournant dans des trombes de remous.

lac Kinney

Les cèdres protègent rapidement du premier air chaud sous lequel a débuté la marche. La fraîcheur retrouvée permet d’apprécier encore plus la flore et le bruit du torrent. Il suffit enfin de passer un pont puis une légère montée pour s’arrêter au point de vue, avec un banc salvateur. De là, le regard plonge dans le lac dans lequel se reflète la montagne. Grand frère du torrent, il en garde la même couleur vert turquoise. Pas un bruit ici, à part le cri strident d’un écureuil ou d’un casse-noix. Le lac est étale, d’un calme évident, notamment par rapport au torrent déchaîné dans lequel il se transforme au cours de la centaine de mètres suivants. Voilà, c’est la fin de la grosse étape parcs et nature. La route va reprendre maintenant, non sans un pincement au coeur. Ce ne sera plus tout à fait pareil. Le temps passe aussi. Il y a désormais moins de jours jusqu’à la fin que de jours déjà passés. Bref, le changement de décors marque aussi le point de changement du voyage.

La route doit nous amener jusqu’à Prince George, une grosse ville industrielle, qui a fait échapper un cri de dégoût à notre hôte d’hier, même en sachant que nous ne devions y demeurer qu’une nuit, un passage rapide avant de rejoindre Smither puis Prince Ruppert. Ce sont 270 kilomètres qui nous attendent maintenant…

Les premiers kilomètres se quittent lentement, entre passages de ponts et de rivières et arrêts photos. Les Rocheuses disparaissent peu à peu pour laisser place à des ranchs éparts. Et puis la route entre dans la forêt. Elle ne la quittera que brièvement à McBride, pour une station service, quelques baraquements et une voiture de police. Après ? rien, la forêt, des arbres à perte de vue, un peu de montagne et des courbes, quelques droites et encore de grandes courbes, quelquefois plus accentuées avec un panneau de ralentissement à 70 km/h par rapport au panneau de 100 km/h maximum sur le reste du parcours. En fait, çà passe toujours à 120 sans forcer.

Route

Le soleil ne tarde pas à éblouir, en pleine face, dur, tranchant. Même avec la visière fumée incorporée au casque, la route se perçoit difficilement. Et puis, la pression de la lumière se relâche au bout d’une courbe ou d’une côté pour revenir plus forte quelques kilomètres plus loin. Voilà, une route qu’il vaut mieux faire le matin ou dans l’autre sens dans l’après-midi. Mais c’est plein soleil et ciel bleu. On ne va tout de même pas se plaindre, d’autant plus que la destination de dans deux jours et appelé la ville de la pluie. Mieux vaut largement ce soleil, qui laisse apercevoir de magnifiques paysages dans le rétroviseur. La route s’apprécie ici à reculons.

Champs au coucher de soleil en bord de route

La route est belle, indéniablement magnifique. Finalement, il y aura moins d’arrêts que prévus, à part quelques photos prises au beau milieu de la route, sans aucune voiture ni truck. Par contre, ceux qui roulent, roulent vite, bien plus vite que le rythme rencontré jusqu’à présent. Face aux limitations à 100 km/h, çà roule plutôt à 120. Et honte à nous, le compteur prend un rythme d’autoroute française habituelle, plus vite que les limitations, sauf aux abords des panneaux signalant des traversées d’original.

Le B&B du soir est avant Prince George. Le GPS est clef pour trouver le lieu dans le dédale de petites routes de travers. C’est donc un sans faute qui amène à une large maison face à un lac, après un sentier de graviers en descente. Décidément, il y a des cours de graviers en moto à prendre, pour assumer la glisse. Il est déjà huit heures, et le pub le plus proche à 6 km est déjà fermé. Ultime solution, rejoindre la ville à 16 km. Là encore, le GPS se révèle plus évident que l’absence totale de signalisation du coin.

On arrive sur Prince George par la haut, par une quatre voie longeant un complexe industriel fumant. Mais c’est surtout une odeur âcre qui saute à la gorge, passant au-dessus des échappements des trucks. L’odeur se fait de plus en plus tenace, prenante, persistante jusqu’à l’entrée de la ville. Elle ne nous quittera plus.

Prince George puant

Une longue voie ferrée aux lignes de containers sur rails est le rempart protégeant la ville. Entrepôts, buildings de bureaux, rues en équerre et lignes de feux font penser à une ville américaine. Tout est fermé et éteint hormis quelques néons de môtels minables et quelques pompes à essence proposant 10% d’éthanol dans leur mélange. Les habitations semblent avoir complètement disparues. Le premier restaurant sera le bon pour ne pas errer indéfiniment dans la ville fantôme. Cimo, grill méditerranéen… de quoi nous rappeler à une réalité gustative et culinaire. Autant l’intérieur, sombre est comme la ville, lugubre à souhait, la terrasse bordée de bois rappelle le sud. Ce sera l’occasion de goûter le saumon célébré à de multiples reprises sur la route : un saumon à la chair rouge et aux petits légumes à peine cuits sur jus de citron. De quoi changer des burgers rencontrés à chaque coin de route. Enfin !

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