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Canada : Port Hardy

Moto en Colombie britannique

5h du mat ! Il faut être au ferry à 5h30 et pourtant il n’arrive le soir qu’à 22h, après une traversée de 500 km. Le jour commence à se lever. Sous un ciel partiellement nuageux, un fond d’un bleu pur perce le petit matin.
Le B&B nous a préparé un sandwich en remplacement du petit-déjeuner que nous ne prendrons pas… quoique. La bouilloire est là, le thé aussi, et quelques muffins achetés la veille permette de prendre les quelques forces nécessaires pour la journée à venir.

Quelques gouttes de pluie ou une simple bruine matinale nous accueille sur la moto. Le ferry s’atteint en 3 minutes. Commence alors une longue attente, derrière la file de 4x4 et camping cars. 3 motos sont également du voyage.

Motos dans le ferry

Les places motos sont préparées à bord. Quelques minutes pour mettre les cales, sangler la moto et l’on peut monter sur le pont. Le soleil se lève juste et illumine la forêt en bord de  baie. Les moteurs se mettent en route, le ferry tremble de tout son corps, la sirène siffle, le capitaine annonce les consignes de sécurité et le paysage commence à défiler.

Le port s’éloigne peu à peu. La baie d’abord étroite s’élargit. Les montagnes deviennent des ombres tandis que le soleil se cache. Un bateau de pêcheurs  traverse le sillage du ferry au loin.

La longue traversée commence tandis que le temps se dégrade peu à peu. Les côtes ne sont bientôt que des ombres. Le pont est balayé par les embruns. Une baleine est signalée à tribord. Nous n’en verrons que quelques jets craintifs.

Croisière dans la brume

A l’heure où le déjeuner arrive, le ferry nous emprisonne dans un choix cornélien : burger viande/oignons ou saumon/frites. La faim seule nous a fait dégainé le porte-monnaie mais l’estomac, aidé par la houle, n’a pas du tout aimé. Une seule certitude : c’est le pire déjeuner avalé depuis le début du séjour. Il est vrai que nous avions volontairement fuit Subway et McDo même si leurs menus offrent un rapport prix imbattable (oublions la qualité du contenu).

Les heures s’égrènent lentement, ponctuées par des sorties régulières sur le pont, à la fois pour respirer et pour essayer d’apercevoir à travers le rideau de pluie qui tombe désormais, un paysage différent. C’est beau, malgré tout. Et on se prend à rêver de ce que cela aurait pu donner sous le soleil.

C’est en pleine purée de pois que la voix du capitaine annonce une baleine à 300 yards. C’est la ruée sur le pont malgré la pluie. Effectivement, on aperçoit une queue sortir de l’eau, puis un peu plus loin, une autre et encore une autre : vision fugace mais persistante dans la mémoire. Le regard essaie ensuite de voir ou entrevoir quelque chose, en vain. Encore cinq heures tandis que la cloche (ou plutôt l’annonce haut-parleur) annonce le dîner. Il n’est que 5h30 du soir ! Ce sera sans nous. On digère encore le déjeuner, même si le dîner semble plus appétissant (plus cher aussi).

La nuit commence à tomber quand on aperçoit un, puis deux, trois dauphins. La houle plus forte, la luminosité baissante et la rapidité des sauts ne permettront pas de faire des photos. Au moins, les images resteront-elles dans la tête.
 
La route vers Prince Ruppert était vraiment magnifique, haute en couleur et digne du voyage. Les images rebondissent encore dans la mémoire. Pour redescendre sur l’île de Vancouver, le ferry est ensuite le seul choix ou en tout cas le plus rapide à moins de vouloir faire 2000 km par un large détour de routes. Côté ferry, nous étions prévenus : de nombreux voyageurs ont régulièrement une traversée de mauvais temps. Et cette année a été particulièrement mauvaise au niveau temps sur la Colombie britannique. C’était un risque. Nous avions l’intention de rester un peu sur Port Hardy mais le temps annoncé y semble tout aussi maussade.

L’arrivée en ferry se fait à l’heure. La pluie est aussi au rendez-vous. La sortie est rapide ; les motos sortent juste après les piétons. Le GPS va encore nous jouer un tour en nous faisant prendre un chemin sans issue comme la route la plus rapide : chemin de terre et de graviers comme il se doit sous la pluie. Vu le nombre de voitures ayant pris le chemin avant puis après nous, nous ne sommes pas les seuls à avoir un GPS ! La chambre d’hôte est à deux pas, au bout d’une pente vraiment forte, dans les graviers. Il est 23h30. Après un lever à 4h du matin, et sans avoir pris les cabines dans le ferry (à faire en fait), c’est dans les bras de Morphée que nous sombrons rapidement.

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