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Canada : Nanoose Bay

Moto en Colombie britannique

C’est enfin un magnifique soleil qui accueille le lever du dormeur. Quelques mouettes sur la grève crient. Le temps est propice à une balade en mer pour vérifier si c’est bien la saison des orques, baleines et dauphins. Port McNeill possède son tour avec la particularité d’être tenu par un contributeur aux recherches effectuées depuis 10 ans sur les orques avec un respect important de l’environnement. Le résultat est peut-être l’un des tours les moins touristiques et les plus longs avec des explications sur la vie de ces mammifères. La réservation est faite ; le départ prévu pour 10h.

Pas trop de monde, un bateau taillé sur mesure avec surtout toute l’instrumentation nécessaire. Mais ce qui fait ici la différence, c’est l’expérience du capitaine, de son fils et sa belle-fille. Une petite entreprise familiale.

Le soleil termine de se lever complètement tandis que le ciel se dégage complètement. C’est d’abord un ours que l’on va observer sur la rive à la lisère d’une forêt laissant une vingtaine de mètres de plage de galets. Et c’est la nature telle qu’elle peut être admirée de la baie. Des forêts à perte de vue, dont les racines donnent l’impression de rejoindre l’eau. Les couleurs passent ainsi du bleu-vert de la mer, au vert de la forêt puis au bleu profond du ciel.

Ours

Les premiers jets d’eau apparaissent, puis quelques nageoires dorsales. Seul un zodiac de scientifique est au même endroit. Le tour devient réellement personnel sans tomber dans l’attraction touristique avec une foule de bateaux : assez rare au Canada où les compagnies proposant des tours pullulent littéralement, souvent chères en plus pour un tour rapide de 3h. Ici, nous allons au moins naviguer pendant 5 heures.

Les mâles arborent une nageoire plus grande. Il y a ici tout un clan, avec les petits derniers. Les respirations se font régulières à la surface, de façon ondulatoire, laissant apercevoir la nageoire dorsale à intervalle régulier. Le mouvement est lent, calme, régulier.

Orques Port Mc Neill

Le bateau va ainsi les suivre jusqu’à la frontière du parc. Car toute une zone a été transformée en parc, interdisant ainsi tout accès à tout bateau et laissant les mammifères évoluer en paix. Quand on pense qu’il y a moins de dix ans, les orques étaient pourchassés et tués, un grand pas a été réalisé.

C’est vers un deuxième clan que vogue bientôt le bateau. Avant même de l’atteindre, ce sont des dauphins qui vont venir jouer passant et repassant sous le bateau, sautant et plongeant. Joueurs, vifs, les appareils ont du mal à les prendre, d’autant plus que les longs zoom prévus pour observer de loin les orques, sont trop puissants pour les dauphins touchant presque l’embarcation.

Le deuxième clan est bientôt trouvé. La différence repose essentiellement sur le cri ou le chant entendu grâce au microphone aquatique. Plus éparpillé, plus loin tout d’abord, on distingue à peine les nageoires évoluant sous la surface. Puis le bateau stoppe les moteurs. Peu à peu, on voit alors les nageoires se rapprocher, encore et encore. Ils finiront par passer sous le bateau, tout à tour, dessinant une longue ombre sous l’eau avant de nager vers le large.

Orques Port Mc Neill

5 heures se sont déjà écoulées. Le bateau délaisse les derniers orques s’éloignant pour reprendre le chemin du retour, non sans passer proche d’éléphants de mer se prélassant au soleil. Les distances autorisées sont ici minimales et il n’y a même pas besoin du zoom pour voir la colonie à l’œil nu.

Il faudra presque une heure pour rentrer au port, bien au-delà du planning prévu. Il y a 350 kilomètres à réaliser dont une bonne partie en bord de mer.

Le premier détour passe par Telegraph Cove, une charmante bourgade sur pilotis, historique de plus est. La route qui y mène est sinueuse à souhait, longeant la baie pendant un bon moment. Une scierie aux odeurs de bois mouillé se passe sur la gauche, laissant grues et engins soulever les énormes troncs de bois.

Travail du bois dans la rivière

Telegraph Grove se dévoile rapidement, avec ses maisons en bois du siècle dernier, entourant un petit port de plaisance. Le pont en bois permet de marcher tranquillement entre les bâtisses pour découvrir vieux Dodge, musée, et restaurants d’époque.

La route retrouve ensuite ses courbes, longs virages, rares lignes droites. Des lacs se devinent régulièrement à travers les sapins longeant la route, sans jamais laisser la possibilité de prendre une photo. L’œil perçoit et reconstitue comme un stroboscope lacs et rivières.

Les ponts se succèdent, enjambant tout à tour rivières et simples vallées. Il n’y aura qu’une seule ville traversée jusqu’à Campbell River. Il est difficile d’imaginer en France, une route bordée de forêt pendant près de 200 kilomètres, sans autre chose que forêts, lacs et rivières, sans même une maison. Seules quelques rares traverses laissent deviner qu’en s’enfonçant sur certains chemins de graviers, on pourrait trouver une ferme ou une maison isolée. Heureusement, le plein était fait car le trafic sur cette route tardive est quasiment inexistant.

A partir de Campbell River, on retrouve la civilisation et surtout le point de départ de la route « Oceanside ». La route de « North Island » au cœur de la forêt longe désormais la côte. Nous la poursuivrons ainsi jusqu’à la nuit et jusqu’à Comox pour reprendre la highway plus rapide pour les derniers 100 kilomètres. Mais de jour, la route continue jusqu’à Parksville, lieu du repos nocturne. La vue de la mer et la beauté de cette route côtière mérite de la prendre dans son intégralité. Elle est par contre plus usitée, avec de nombreux passages en ville et s’apparente plus à une départementale avec une moyenne globale plus proche de 70 km/h que des 80 km/h officiels ici.

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