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Le permis moto

Cours n°17 : Circulez ! Le cours de tous les dangers

Samedi matin, 10h00 !

Après seize cours de plateau, il est enfin temps de passer à la circulation.

Permis moto : cours n°17Certes, l'élève aurait encore pu passer du temps à perfectionner son évitement, mais elle ne supporte plus les cônes, même en peinture. Et puis, en théorie, elle est pratiquement prête pour l'épreuve du plateau. Alors, elle a demandé à avoir au moins deux cours de circulation avant de prendre encore un ou deux cours de plateau pour finir sa préparation à l'examen : accordé ! Il suffisait juste de demander !

Le cours vu par Sandrine
Enfin… le jour J arrive : ma première sortie sur la route. Je suis fatiguée. Le cours est à 10h du mat, c'est tôt ! [...] Surtout je suis stressée.
A suivre...

Cependant, au fur et à mesure que le samedi et le cours approchent, l'élève stresse de plus en plus. Elle n'a en effet jamais conduit de deux-roues, ni scooter, ni 125 cm3.

Ce cours de circulation est donc sa première fois sur la route alors qu'elle n'a jusqu'à présent connu que l'espace protégé de la piste privée. Connaissant sa capacité à tomber régulièrement à l'arrêt, elle anticipe de tomber au milieu de la circulation. Elle pense également à la piste de Meudon de l'école, qui nécessite de passer par une voie rapide au bout de quelques mètres - la N118 - et une descente avec des grandes courbes en plein flot d'une circulation toujours dense. Elle n'aura aucun droit à l'erreur !

Ceci dit, elle a déjà 32 heures de motos. Or, de nombreuses moto-écoles font rouler les élèves en circulation dès le deuxième cours, ne serait-ce que pour rejoindre la piste privée ou sauvage. Le risque est alors bien plus important, quand les élèves tiennent à peine sur la moto, et sans même connaître l'exercice de l'évitement. Je parle d'expérience puisque c'était mon cas.

C'est Christophe qui prend aujourd'hui le cours en charge, avec trois élèves de niveau identique. Le cours commence donc par une présentation de la circulation et des consignes de sécurité : "Avec la circulation, on ne juge plus des compétences techniques. On considère qu'elles sont acquises; et l'examen plateau a alors validé la théorie et les acquis. En fait, lors de l'épreuve de la circulation, l'examinateur va juger trois choses :

  1. Le placement et le positionnement sur la chaussée,
  2. Les contrôles,
  3. L'allure.

Au niveau du positionnement,

il s'agit de voir comment la moto est placée, comment le motard aborde les intersections, tient compte des marquages au sol spécifiques, comment il se place dans les ronds-points... un peu comme en voiture mais avec les spécificités de la moto. Il faut par exemple rouler au milieu de sa voie, mais s'il y a des graviers, il est nécessaire d'anticiper et de l'éviter.

Au niveau des contrôles,

il s'agit de contrôler avec les rétroviseurs, comme en voiture. Ceci dit, les rétroviseurs d'une moto donnent un champ de vision plus faible qu'une voiture, et notamment sur les côtés. Il est donc nécessaire d'effectuer des contrôles en vision directe, avec des mouvements de tête adéquats. Chaque changement de file, doit entraîner un contrôle direct de la tête, que ce soit à gauche ou à droite. Le motard doit montrer à tout moment qu'il est conscient de son environnement.

Enfin l'allure.

Il est important d'être à la bonne allure, en ville, et sur route. En ville, la vitesse sera souvent inférieure à celle d'une voiture pour pouvoir s'arrêter à tout moment. Il est nécessaire de contrôler à chaque intersection, même quand le motard a théoriquement la priorité. Sur route, le motard ne doit pas rester derrière un camion, afin d'avoir toujours de la visibilité devant lui. Il pourra donc effectuer un dépassement rapide et être dans ce cas là, si besoin légèrement au-dessus de la vitesse autorisée. Car un motard n'est peu ou pas vu par un automobiliste. Lors du dépassement il disparaît totalement du champ de vision d'un automobiliste jusqu'à être au niveau du capot de la voiture. Ce cap dangereux doit être franchi rapidement. Il est nécessaire d'accélérer pour doubler en toute sécurité."

Permis moto : cours n°17Le moniteur vérifie alors que chaque élève a bien avec lui son livret de conduite. Il distribue les chasubles fluo et surtout les talkie-walkie et oreillettes aux élèves afin que ceux-ci puissent entendre ses directives. De son côté, il s'équipe, car il suivra en moto !

Après cette longue présentation devant des élèves silencieux et attentifs, le moniteur présente alors les motos utilisées : les toutes dernières Fazer 600 : "Par rapport à la Diversion, la Fazer est plus légère, plus compacte et surtout plus puissante avec plus de 40 chevaux supplémentaires. C'est très souple et facile à conduire et cela met vite en confiance. Le danger est là!".

Le cours vu par Sandrine
Nous voila dans la Vallée de la Chevreuse où je vais pouvoir savourer mes premiers virages. C'est top ! [...] c'est magique ! Un pur moment de plaisir...
A suivre...

En entendant cela et alors que les minutes passent, le visage de Sandrine pâlit de plus en plus. Si prendre la Diversion en circulation l'effrayait déjà, l'idée même de monter sur une nouvelle moto dans un univers inconnu pour la première fois fait monter encore plus la pression de l'élève. Cette pression augmente encore quand le moniteur apprend qu'à cause d'un autre cours qui a lieu en même temps, les élèves ne disposeront d'aucun temps pour prendre en main ces nouvelles motos. Il faut donc partir directement sur la route ! Autant dire que les premiers tours de roues de la Fazer sont imprécis et sinueux, par une élève dont le pouls bat à 150 !

Philippe Monneret, présent sur le plateau à ce moment là, voit l'allure érratique de la moto et s'inquiète de savoir qui la conduit. Apprenant qu'il s'agit d'une fille et de son premier cours de circulation, il demande alors que l'élève échange la Fazer contre la Diversion 600... non sans avoir passé un savon à Sandrine du fait qu'elle porte des chaussures taille basse qui ne protègent pas du tout les chevilles et les malléoles.

C'est donc une élève traumatisée qui arrive près de la sortie de la piste privée pour s'élancer sur la route. Mais elle a une Diversion 600: une moto qu'elle connaît et maîtrise "parfaitement".

Permis moto : cours n°17Les motos s'élancent sur la route... et je ferme la route pour tout observer. J'observe l'élève qui semble presque zigzaguer, en ne restant jamais parfaitement dans sa file. Elle oscille plutôt sensiblement de gauche à droite, d'autant plus que la route tourne et que ce sont ses premiers mètres en moto, alors que son dernier cours remonte à un mois.

Les gilets fluo marqués - moto école - semblent invisibles et ne changent aucunement le comportement des automobilistes qui doublent et rasent les motos de façon beaucoup trop rapprochée.

Pendant ce temps-là, le moniteur passe de la première place à la dernière place, pour diriger, vérifier, ouvrir la route ou contrôler la sécurité et les positions respectives des élèves. Il me fait penser au chien de berger courant dans tous les sens pour veiller à la sécurité du troupeau.

J'observe pendant ce temps-là tous ces déplacements et les instructions criées que j'entends également dans mon oreillette. Les dépassements limites des voitures, les trajectoires inexistantes, les prises de ronds-points aléatoires me font glisser des sueurs froides pendant tout le cours. Pendant ce temps-là, les élèves roulent sans apparemment se rendre compte de quoi que ce soit et réalisent avec le moniteur ce qui ressemble à un véritable ballet.

Quand la fin du cours arrive, je suis exténué du stress et des situations limites auxquelles j'ai assistées. Heureusement, Christophe était toujours là au bon moment.

Les élèves sont apparemment heureux. Sandrine est rayonnante et désormais sûre d'elle. Le stress du début a fait place à une confiance sans faille.

Permis moto : cours n°17Christophe conclue en félicitant Sandrine pour son allure et sa capacité à s'insérer dans la circulation. Il rappelle aussi l'importance des contrôles et d'un positionnement correct sur la chaussée.

Pour l'observateur extérieur, ces rappels sonnent comme de véritables tocsins et ramènent en mémoire tous les risques encourus par les élèves en pleine circulation parisienne. Pour un premier cours, c'est l'observateur qui semble avoir eu le plus peur.

En tout cas, un grand coup de chapeau au moniteur pour vivre cela plusieurs fois par jour et arriver à garantir la sécurité des élèves dans un environnement aussi hostile !

Suite au prochain cours...

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